Dans une enquête publiée le 14 février, l’association Reporter Brazil estime que John Deere et la Banque brésilienne de développement (BNDES) auraient financé du matériel à hauteur de 5,4 M$ pour cinq exploitants agricoles placés sous embargo pour déforestation illégale. «Une résolution de la banque centrale brésilienne empêche les exploitations sous embargo d’accéder aux crédits, mais une faille réglementaire autorise leurs propriétaires à bénéficier de ces crédits pour les autres fermes», rappellent les auteurs. Deux propriétaires, soulignent-ils, auraient même obtenu du matériel pour des fermes sous embargo. Garantis par la banque John Deere, les prêts à l’investissement concédés par la BNDES permettent d’accéder à des taux entre 0,95 et 1,15 %. Et au total, selon Reporter Brazil, plus de onze propriétaires totalisant près de 6 M$ d’amendes environnementales impayées auraient bénéficié de 7,6 M$ de prêts grâce à ce système. Les auteurs rappellent que le Brésil est le second marché mondial pour John Deere, juste derrière les États-Unis. Dans une réponse aux journalistes, la banque de l'équipementier indique respecter «rigoureusement toute la règlementation et les normes pertinentes» sur le crédit. Et en acquérant le matériel, rappelle-t-elle, les bénéficiaires «assument tout la responsabilité légale des équipements».
Abonné