Apprécié par les grands chefs du monde entier, le poivre de Kampot est considéré comme le caviar du poivre, vendu dans les épiceries fines autour de 200 euros le kilo - mais il est menacé par le changement climatique. Sa petite production, - 120 tonnes l'an dernier -, est concentrée dans une petite région de plaine près du golfe de Thaïlande, et l'Union européenne lui a reconnu en 2016 le label d'Indication géographique protégée (IGP). Sécheresses et canicules affectent non seulement les récoltes mais aussi la qualité des grains, qui doivent répondre à des normes très rigoureuses. Selon Kann Sinouch, président de l'Association de promotion du poivre de Kampot, le rendement sera divisé par deux cette année, et les exportations pourraient connaître une pénurie en 2025. Pour lui, les agriculteurs de Kampot n'ont pas d'autre choix que de s'adapter en trouvant des solutions pour stocker davantage d'eau. «Pour 2024 et 2025, nous n'aurons pas de poivre en abondance pour (les Européens et les Américains). Zéro !», clame un producteur interrogé par l'AFP. L'Asie du Sud et du sud-Est a connu ces dernières semaines une vague de chaleur extrême après de longs mois de sécheresse. Dans certaines région du Cambodge, le mercure a atteint 43°C.
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