La cour administrative d’appel de Paris a examiné, le 3 février, le recours pour préjudice d’anxiété de 1286 plaignants exposés à la chlordécone, rapporte l’AFP le même jour. Ces derniers, vivants ou ayant vécu en Guadeloupe ou Martinique, demandent une indemnité de 15 000 euros chacun. Leur requête avait été rejetée par le tribunal administratif de Paris en juin 2022. L’un de leurs avocats, Me Christophe Lèguevaques, avait alors indiqué qu’il ferait appel. À l’audience, la rapporteure publique a détaillé «la faute caractérisée» et «les carences fautives» de l'État dès la commercialisation de l’insecticide en 1972, car «le caractère toxique et persistant du produit et les risques de pollution environnementale étaient parfaitement connus dès l'origine». Mais elle a ajouté que les demandeurs doivent apporter «des éléments personnels et circonstanciés pertinents» pour établir que l’exposition à la chlordécone fait encourir «un risque élevé» de développer une pathologie grave et de voir son espérance de vie diminuer. Les plaignants ont aussi demandé la reconnaissance de préjudice moral, dont les conditions d’indemnisation sont «plus souples», selon leur avocat Me Jérémy Bousquet. La décision sera rendue aux alentours du 11 mars. (lire notre enquête sur la chlordécone)
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