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Climat: en Irak, la sécheresse pousse les agriculteurs à quitter les champs

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Alors que se conclut la Cop26 à Glasgow, l'Irak fait face à «la pire sécheresse de son ère moderne» qui pousse par ricochets des familles entières à délaisser la campagne pour s'installer en ville, selon Samah Hadid du Norwegian Refugee Council (NRC). En juin et juillet 2021, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a estimé à 447 le nombre de familles ayant quitté leurs terres à Ninive à cause de la sécheresse, après les avoir réinvesties au moment de la chute de l'EI dans la région. La province de Ninive, grenier à blé de l'ancienne Mésopotamie puis de l'Irak, compte environ 6.000 km2 de terres agricoles. Elle a été «la plus touchée» par la sécheresse qui s'est abattue sur l'Irak cette année, souligne Hamid al-Nayef, porte-parole du ministère de l'Agriculture à Bagdad. En 2020, Ninive a produit 927.000 tonnes de blé "ce qui lui a permis d'être auto-suffisante", explique le directeur du Comptoir céréalier de la province, Abdelwahab al-Jarjari, à l'AFP. Mais "en 2021, ce volume est tombé à 89.000 tonnes, à cause de la sécheresse". Outre le déficit en pluies, l'Irak souffre de la baisse du niveau des cours d'eau, dont ceux du Tigre et de l'Euphrate, provoquée par les barrages construits en amont en Turquie et en Iran, souligne Samah Hadid du Norwegian Refugee Council (NRC). La culture du blé, "c'est devenu une loterie", lâche Khamis Ahmed Abbas. Agriculteur dans le nord de l'Irak, il a abandonné ses terres devenues inexploitables à cause de la sécheresse pour tenter sa chance à Mossoul, grande ville la plus proche.