Les nouvelles lignes directrices du Giec de 2019, qui seront appliquées aux émissions françaises dès 2023 «changeront totalement les priorités, en mettant en évidence la nécessité d’une action plus ciblée sur les grandes cultures», souligne Marion Guillou, ancienne p.-d.g. de l'Inrae et membre du Haut Conseil pour le climat dans une interview accordée à Agra presse. Le dernier rapport de son instance rappelle que les dernières publications scientifiques ont conduit à des facteurs d’émissions plus importants pour les engrais minéraux, et plus faibles pour les engrais organiques. Et selon des estimations provisoires du Haut Conseil, ces nouveaux résultats «pourraient augmenter de 60% les émissions liées aux engrais de synthèse, et diminuer de 40 à 50% celles des engrais organiques». Ce bilan alourdi des grandes cultures, appuie Marion Guillou, justifierait donc d’accélérer le calendrier de mise en œuvre de la loi Climat, qui prévoyait un décret définissant une trajectoire précise des émissions azotées. En vue, sous réserve d’une «stabilisation du marché» après la guerre en Ukraine, de mettre en place une taxe sur les engrais minéraux. L’experte alerte d’ailleurs sur les dérogations accordées en temps de crise, qui «ne devront pas être maintenues par la suite car elles jouent contre les équilibres des milieux».
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