Abonné

Conférences Souveraineté : Genevard invoque l'imminence d'une « guerre agricole »

- - 2 min

« Si nous sommes réunis ici, c’est que la guerre agricole se prépare », a déclaré le 8 décembre la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, dans un discours au vocabulaire martial, pour lancer les « Conférences de la souveraineté alimentaire » destinées à définir une stratégie agricole nationale sur dix ans. « La guerre agricole menace chaque jour un peu plus et il est temps d’agir », a martelé la ministre, estimant que l’actualité mondiale – guerre en Ukraine, politique douanière américaine, taxes chinoises – dissipe « l’illusion » d’une prospérité durable, sur fond de pressions climatiques ou encore démographiques, dans un discours appelant à un « grand réveil alimentaire », depuis le marché de gros de Rungis. « La guerre entre armées ramène avec elle la guerre des champs », a poursuivi la ministre, inscrivant ensuite la Ferme France dans une potentielle économie de guerre. « La guerre, il nous faut nous y préparer ; si elle éclate, c'est sur les agriculteurs, eux seuls, qu'il faudra compter », a déclaré Annie Genevard, avant de dépeindre l'état de la Ferme France. Sur le fond, la ministre a simplement appelé à produire davantage, balayant le discours d'Emmanuel Macron prononcé sept ans plus tôt à Rungis sur la montée en gamme, qu'il avait lui-même amendé depuis. Évoquant les débats sur les modèles agricoles, Annie Genevard prendra des accents presque nationalistes : « Quand je dis produire plus, il y a toujours quelqu'un pour dire : productivisme, malbouffe. C'est une trahison de la nation que dire cela. »