Dans deux notes récemment parues, dont une primée par la Gendarmerie nationale, le maréchal des logis-chef Stéphane Mortier détaille comment l'agriculture est devenue «un secteur stratégique exposé à la cybercriminalité» et comment l'agroalimentaire européen et américain a récemment fait l'objet d'une vague d'attaques. Dans la lignée d'un rapport américain paru en 2019 (voir notre article dans Agra Presse hebdo), il rappelle les différents motifs, modes d'attaque et portes d'entrée des cybercriminels dans une agriculture de plus en plus connectée. Et il documente les cyberattaques qui «ont émaillé les coopératives et industries agricoles en 2020-2021», jusqu'en 2022 avec l'attaque du machiniste AGCO au printemps. Treize coopératives ou industries agricoles et agroalimentaires ont été attaquées, qui avaient toutes leur siège aux États-Unis ou en Europe, à l'exception du brésilien JBS dont les activités sont toutefois très internationalisées. L'origine supposée de l'attaque était le plus souvent la Russie. Le gendarme note que huit entreprises ont une activité centrée sur les protéines, se demandant s'il faut y voir «une simple coïncidence ou plutôt une succession d'actes de guerre économique visant une restructuration mondiale de la production de protéines végétales».
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