Dans un rapport publié le 13 février, Greenpeace dénonce une «sur-représentation agricole» dans les instances locales de gouvernance de l’eau, «noyautées par l’agro-industrie», selon elle. L’ONG a étudié deux Commissions locales de l’eau (CLE) «emblématiques des conflits d’usage», celles de la Boutonne et du Clain. Résultat: alors que cinq sièges (sur 56) sont «théoriquement prévus pour les agriculteurs», 21 sont «en réalité occupés par des personnes ayant des intérêts privés agricoles» à la Boutonne, et 15 au Clain. Il s’agit notamment d’élus siégeant au titre des collectivités, mais ayant des intérêts agricoles, directement ou dans leur entourage. Dans la CLE de la Boutonne, Greenpeace a calculé que les représentants agricoles occupent 37% du temps de parole, contre 14% pour les pouvoirs publics et 19% pour les associations environnementales. Par ailleurs, Greenpeace estime que l’État «se rend complice des manigances des lobbies agricoles». Dans le bassin du Clain, «l’ancien préfet de la Vienne, a systématiquement soutenu les oppositions des irrigants», relève l’ONG sur la base des comptes-rendus des débats. En conclusion, Greenpeace demande notamment d’«encadrer le risque de conflits d’intérêts», mais aussi de renoncer à la réforme des comités de bassin prévue dans la PPL Entraves.
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