À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau le 22 mars, l’association Oxfam France a publié un rapport intitulé «la soif du profit», dans lequel elle dénonce les techniques d’«accaparement systématique» de l’eau, notamment par les multinationales, dans les secteurs agroalimentaires et de l’industrie. «Ces graves violations des droits fondamentaux et de l’environnement sont permises par des États qui ne réglementent pas suffisamment le secteur privé», estime l’association. Elle cite notamment l’exemple des réserves de substitutions dédiées à l’irrigation agricole, qui selon elle «ne profitent qu’à l’agro-industrie». «En France, dans les Deux-Sèvres, 40 M€ d’argent public ont ainsi été dépensés pour construire seize réservoirs de stockage d’eau auxquels seront raccordés seulement 5% des producteurs de céréales et de maïs», précise Oxfam France dans un communiqué. Afin d’encadrer l’activité des entreprises «qui accaparent l’eau», l’association appelle notamment à la création un cadre normatif international et européen, mais aussi à une transition «de l’agro-industrie vers l’agro-écologie». «La France gère encore sa ressource comme si elle était abondante alors qu’elle devrait s’adapter à sa raréfaction», précise Quentin Ghesquière, chargé de campagne et de plaidoyer Climat à Oxfam France. Et d’ajouter qu’il «est clair que les entreprises ne vont pas s’autoréguler».
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