La décarbonation des engrais pourrait être un frein à leur compétitivité, estime Pavel Hanus, directeur commercial d’Agrofert. Intervenant lors des rencontres de l’Afcome, le 8 novembre, il a rappelé que si nombre de firmes européennes avaient intégré des objectifs de décarbonation dans leurs stratégies, cette transition vers des procédés moins polluants, comme la production d’ammoniaque vert, exige des investissements massifs qui augmenteront les coûts de production. La suppression progressive des quotas d’émission gratuits, à partir de 2026, obligera les producteurs européens à payer pour le carbone émis et le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières augmentera le tarif des engrais importés. «Résultat des courses, les engrais coûteront plus cher en Europe, qu’ils soient importés ou produits sur le territoire», estime Pavel Hanus. La hausse de leur coût dépendra du tarif du carbone, mais d’après le directeur commercial d’Agrofert, les estimations seraient de 270 euros supplémentaires par tonne d’ammoniaque. «Les producteurs européens vont perdre toute compétitivité sur le marché mondial, estime-t-il. Nous devons repenser la distribution du risque sur toute la chaîne de valeur.» (Elena Blum)
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