Près de 80% des transactions foncières de plus de 200 ha dans 23 pays du continent africain ne respecteraient pas encore les directives volontaires sur les régimes fonciers adoptées en 2012 par la FAO et les Nations unies, regrettent les scientifiques de l’initiative Land Matrix dans leur rapport annuel publié le 16 mai. Les principaux manquements à ces lignes directrices concerneraient avant tout la transparence et les effets des investissements, ainsi que la prise en compte des droits informels bien que légitimes des populations sur les terres. Et les processus consultatifs «faibles ou inexistants», conduisent au total, selon Ward Anseeuw, «à l’absence de mise en œuvre des garanties environnementales, mais aussi à des expropriations illégales». Le respect des recommandations de l'ONU serait particulièrement faible en Mauritanie et au Soudan, mais aussi au Mali, à Madagascar, au Sud-Soudan ou encore au Kenya. Alors que la Commission européenne a présenté en janvier 2022 une proposition sur la création d’un devoir de vigilance européen, Ward Anseeuw juge que le texte «ne répond pas complètement aux attentes», faute de transparence chez les entreprises. L’initiative Land Matrix recommande plutôt «d’imposer une responsabilité plus stricte et plus contraignante aux entreprises et aux pays investisseurs», mais également «d’accélérer la réforme foncière au niveau des pays».
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