L'irrigation solaire – qui utilise l'énergie du soleil pour alimenter une pompe –, connaît une croissance exponentielle dans les pays à faibles revenus et les pays à revenus intermédiaires, rapporte une étude parue le 18 janvier dans la revue Science. Au cours de la dernière décennie, plus de 500 000 pompes solaires ont ainsi été installées en Asie du Sud, et un nombre équivalent en Afrique subsaharienne. Malgré les engagements gouvernementaux en faveur de l’énergie propre, l’irrigation solaire pourrait cependant ne pas avoir les effets escomptés. Ainsi, l’étude estime que le remplacement des pompes utilisant des énergies fossiles par des pompes solaires ne garantit pas la réduction des émissions de gaz à effet de serre. «Les agriculteurs pourraient continuer à utiliser leur ancienne pompe, en particulier s’ils ont des besoins en irrigation non satisfaits», préviennent les auteurs de l’étude. En outre, la technologie pourrait «exacerber l’épuisement des eaux souterraines, affectant la viabilité de nombreux aquifères déjà menacés de tarissement», alertent-ils. C’est pourquoi les chercheurs recommandent une approche interdisciplinaire de l’irrigation solaire, tenant compte des interactions entre eau, énergie et changement de l'utilisation des terres.
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