Interrogé par Agra presse sur l'annonce du Président de la République de viser des «prix plancher pour les agriculteurs», l'actuel président de la FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA) et du Cniel (interprofession laitière), Thierry Roquefeuil se montre dubitatif: «Personnellement, je ne sais pas ce que ça veut dire un prix plancher. J’imagine que pour le fixer, on se baserait sur un prix minimum calculé à partir d’indicateurs auquel on ajouterait une marge pour l’agriculteur. Mais on va retomber très vite sur le même problème qu’actuellement avec la loi Egalim sur le choix des indicateurs.» Et d'ajouter: «Il y a un gros risque qu’à partir du moment où l’on fixe un prix plancher, toutes les industries laitières se mettent à payer au prix du prix plancher, ce qui sera légal. Je n’ai pas du tout envie que le prix plancher soit le prix appliqué par Lactalis ! Et si on met ce prix plancher trop haut, les produits français ne seront plus compétitifs et perdront des marchés à l’international.». Pour l'éleveur, la proposition ne dépasse pas certaines limites du cadre actuel: «Emmanuel Macron parle d’un prix plancher par filière, ce qui veut dire qu’il va renvoyer encore une fois vers les interprofessions pour le construire. Déjà que l’Etat fasse en sorte de pleinement appliquer la loi Egalim ! Si c’était le cas, cela aurait des effets positifs. Et qu’il fasse en sorte que toutes les filières s’en empare. Car aujourd’hui, il n’y a que la filière laitière qui s’en est véritablement emparée.»
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