Un avocat kényan a déclaré le 14 octobre avoir saisi la justice pour contester la récente décision des autorités de lever l'interdiction sur la culture et l'importation d'organismes génétiquement modifiés pour faire face à la grave sécheresse qui sévit dans le pays. Le gouvernement du nouveau président William Ruto a autorisé le 3 octobre l'importation et la culture d'OGM, interdites depuis 2012. «La suppression précipitée de tous les protocoles réglementaires [...] n'est ni rationnelle, ni raisonnable», écrit Me Paul Mwangi dans sa plainte déposée le 13 octobre auprès de la Haute Cour du Kenya à Nairobi. Dans ce document, dont l'AFP a pu consulter une copie, Me Mwangi affirme que la décision des autorités est anticonstitutionnelle et il souligne les risques qu'elle fait peser selon lui sur les récoltes et la possible faillite des petits agriculteurs. Le gouvernement a défendu sa décision, affirmant qu'elle garantirait des cultures résistantes à la sécheresse et améliorerait les rendements. Me. Mwangi, proche de l'opposant historique Raila Odinga, battu par M. Ruto à la présidentielle d'août, a déclaré à l'AFP «attendre les instructions du tribunal», notamment sur la date à laquelle l'affaire serait entendue. Le Kenya avait banni la culture d'OGM notamment pour protéger les petites exploitations agricoles, majoritaires à l'échelle du pays.
Abonné