«Il faut veiller à ce que (la grève) ne vienne pas trop obérer les activités de semis», a réagi le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, lors de l'inauguration du Salon international de l'alimentation le 15 octobre. La veille, lors d'un point presse, Matignon avait indiqué que certains préfets avaient mis en place des dispositifs dédiés aux professions prioritaires, dont l'agriculture, et qu'un «retour à la normale pour les automobilistes était attendu dans la semaine qui vient». Agnès Pannier-Runacher a été plus prudente, affirmant qu'une «amélioration» pouvait prendre «quelques jours» mais qu'un retour «parfaitement à la normale» pourrait prendre plus longtemps. Selon elle, «22% des stations-service sont en difficulté dans les Hauts-de-France (contre 25,3% vendredi), 39,9% en Ile-de-France (contre 37% vendredi), 36,4% en Centre Val de Loire (contre 42,2% vendredi)». La ministre s'est voulu rassurante pour les vacances de la Toussaint, ajoutant que les importations pouvaient «suppléer» les raffineries, en plus du déblocage fin septembre de stocks stratégiques. Les pénuries constituent un casse-tête pour nombre de professions, dont les agriculteurs. «Tous les tracteurs sont à vide. J'ai siphonné le réservoir de ma moissonneuse-batteuse, il restait 3(00) à 400 litres. Ca va me permettre de nourrir mes vaches», a expliqué à l'AFP Luc Smessaert, exploitant près de Beauvais et vice-président de la FNSEA.
Abonné