Selon l’émission Complément d’enquête et Le Monde, entre dix et douze millions de Français, soit 20% de la population, auraient consommé en 2021 une eau dépassant les limites réglementaires pour les pesticides et leurs métabolites. «Cela pourrait devenir le prochain scandale de santé publique», estime Michel Laforcade, ancien directeur de l’ARS Nouvelle-Aquitaine interrogé par Le Monde (article payant). Car les dépassements ne concernaient que 6% de la population en 2020, avant que la Direction générale de la santé (DGS) ne demande aux Agences régionales de santé (ARS) de rechercher de nouvelles molécules. D’après les données obtenues par Le Monde, les dépassements seraient particulièrement marqués dans les Hauts-de-France, mais également en Bretagne, en Grand Est, ou encore en Pays de la Loire. Mais toutes ces régions ne surveillent pas le même nombre de molécules: alors que les Hauts-de-France recherchent 514 concentrations distinctes, l’Île-de-France n’en retient que 145. De même, l’ARS Hauts-de-France retient un seuil de 44 microgrammes/l pour des métabolites du chloridazone, quand l’ARS Grand Est a choisi une limite 15 fois inférieure. Autre difficulté de l’analyse: ces manquements à la réglementation n’entraînent «pas nécessairement un risque pour la santé», soulignent Stéphane Foucart et ses collègues dans leur article.
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