L’association spécialiste des pollinisateurs Pollinis annonce avoir déposé le 16 février un recours auprès du tribunal de l’Union européenne (Luxembourg) contre «la prolongation de mise sur le marché accordée au boscalid». Ce fongicide de la famille des SDHI fabriqué par BASF, rappelle l’ONG, a vu son autorisation de mise sur le marché expirer en 2018, mais celle-ci a été prolongée le temps de l’évaluation nécessaire au renouvellement. Or, pour Pollinis, cette prolongation «découle d’une interprétation biaisée et abusive de l’article 17 du règlement relatif à la mise sur le marché des produits phytosanitaires». L’ONG défend non seulement que cette prolongation nie les «risques sanitaires et environnementaux», mais aussi que le retard dans l’examen ne serait pas complètement indépendant de la volonté des fabricants. La Commission, dans une réponse envoyée à l’association, aurait ainsi reconnu «ne pas avoir enquêté sur le rôle qu’a pu jouer BASF dans l’ajournement du réexamen de son pesticide». Selon les calculs de l’association, 119 pesticides bénéficieraient à ce jour de prolongations sur les 453 substances autorisées au total.
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