Équiper toutes les collectivités d’osmose inverse pour traiter les métabolites de pesticides dans l’eau coûterait «environ 12 milliards d’euros» (Md€), selon Régis Taisne, chef du département Cycle de l’eau de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). Il estime qu’il faudrait «un tiers à la moitié» de ce budget – soit 4 à 6 Md€ – pour les équiper en charbons actifs, une alternative à l’osmose inverse (voir notre enquête dans Agra Presse hebdo). Dans le cas du métabolite de chlorothalonil R471811 présent en excès dans un tiers des masses d’eau, les charbons actifs peuvent être efficaces si le dépassement de la limite de qualité (fixée à 0,1 µg/L) n’est pas trop élevé. «Pour des valeurs relativement faibles jusqu’à 0,5 ou 0,7 µg/L dans les eaux brutes, le charbon actif peut fonctionner même s’il faut le renouveler assez souvent. Mais si vous dépassez 1 µg/L, ça ne marche plus», estime le directeur général d’Eaux de Vienne Yves Kocher. Un constat partagé par le syndicat Atlantic’eau (Loire-Atlantique). «Plus la connaissance va s’améliorer, plus on va détecter des polluants. Il y a urgence à préparer l’opinion publique au fait qu’on n’arrivera plus à atteindre les normes», assure son vice-président Mickaël Derangeon.
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