Dans un rapport adopté en commission des Affaires économiques le 23 février, les députés estiment «nécessaire de travailler rapidement à la correction [des] effets de bord» de la séparation vente/conseil des phytos, afin de «s’assurer que l’offre de conseil se développe correctement». Ce rapport porte sur l'évaluation de la loi Egalim 1 du 30 octobre 2018, qui a instauré cette disposition. Cette réforme a acté la séparation capitalistique des entreprises de vente et de conseil en phytos, et scindé le conseil en deux catégories: conseil «spécifique» sur les applications de phytos, et conseil «stratégique» sur la conduite d'exploitation et la réduction des phytos. «Très peu d’exploitations ont bénéficié de ce conseil stratégique à ce jour», relève le rapport, alors qu'il est obligatoire pour tous les agriculteurs d'ici fin 2023. Déplorant «un affaiblissement des conseils pratiques aux agriculteurs» et un risque de remise en cause des «filières vertueuses» (HVE, bio, biocontrôle), les députés souhaitent une mission parlementaire sur la séparation vente/conseil. Deux enquêtes d'Agra presse, en mars et en novembre 2020, avaient mis en avant le faible développement de l'offre de conseil stratégique, et les contournements fréquents de l'interdiction de conseil «spécifique» par les techniciens des sociétés ayant choisi la vente.
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