Le président Emmanuel Macron a déambulé ce samedi 24 février après-midi au Salon de l'agriculture derrière un cordon de sécurité massif, mais pas à l'abri du vacarme des sifflets et des insultes de centaines d'agriculteurs, à la fois ulcérés par sa présence et demandeurs d'actes concrets pour améliorer leurs conditions de travail. Le chef de l'État goûte du miel du pays d'Auge, du fromage de Haute-Savoie, serre des mains et répond aux interpellations, l'air quasi imperturbable, mais sa voix est régulièrement couverte par le vacarme et le programme initial complètement bouleversé par une pagaille inédite. Il est protégé par des dizaines de CRS équipés de boucliers qui, dans des heurts ponctuels, ont repoussé les manifestants à une cinquantaine de mètres de lui. Les noms d'oiseaux fusent: "Fumier" ou "menteur", comme les cris ("Barre-toi !") et les appels à la démission. Trois personnes ont été interpellées pour des violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, selon le parquet de Paris, puis relâchées; elles seront convoquées ultérieurement. «Je préfère toujours le dialogue à la confrontation» a asséné le chef de l'État. «Je suis en train de vous dire que le boulot est fait sur le terrain, on a repris les copies, on est en train de faire toute la simplification», a-t-il défendu. «Tant que ce n'est pas concrétisé dans les cours de ferme, on sera sur votre dos», lui a répondu un agriculteur.
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