Agrafil du 15 novembre 2024

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Environnement: le sort incertain de la PPL Entraves à l'Assemblée nationale

Si la proposition de loi sur les entraves du sénateur Laurent Duplomb (Les Républicains) ne devrait pas rencontrer de difficultés à être adoptée mi-janvier au Sénat, où la droite reste majoritaire, son sort est incertain à l'Assemblée nationale – où sa date d'examen n'est pas encore fixée. Étant donné que la droite du parti socialiste, représentée par Dominique Potier, s'est d'ores et déjà positionnée contre l'esprit général, l'adoption du texte par l'Assemblée se jouera au sein de l'ancienne majorité présidentielle, et peut-être en révisant son contenu. Classée à gauche dans le groupe Renaissance, la députée Sandrine Le Feur répond à Agra Presse qu'elle votera contre en l'état. Aucune position ne semble avoir été prise pour l'instant par son groupe parlementaire. Le sénateur Duplomb revendique deux sénateurs Renaissance parmi ses cosignataires, ainsi que l'ensemble du groupe des sénateurs Horizons. Quand au Modem, emmené par l'ancien ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, difficile de croire qu'il changera d'avis sur l'acétamipride, après avoir expliqué en février qu'il ne souhaitait pas réautoriser de pesticides. Quid du rôle de l'Anses sur les pesticides ou de la suppression de la séparation de la vente et du conseil? Le positionnement du Modem et de l'ensemble de l'ex-majorité présidentielle est difficile à prédire. Alors ministre de l'Agriculture déléguée, Agnès Pannier-Runacher avait plutôt plaidé pour une révision qu'une suppression de la séparation.

Déforestation: le Parlement européen valide le report d’un an avec des assouplissements

À l’issue d’une session de vote serrée, le Parlement européen a adopté, le 14 novembre en plénière, la proposition de Bruxelles de repousser de 12 mois la date d’entrée en vigueur du règlement sur la déforestation importée. Mais les eurodéputés ont aussi décidé d’introduire des amendements assouplissant plus en profondeur le texte, en introduisant une nouvelle catégorie de pays à «risque insignifiant». Le groupe PPE (droite) aurait voulu aller encore plus loin: il souhaitait en effet aussi reporter sa mise en œuvre non pas d’une année mais de deux, et exempter les entreprises européennes en aval de la plupart des vérifications préalables. Mais, quelques heures avant le vote, le groupe a finalement décidé de retirer ces amendements, à l’exception de celui introduisant la nouvelle catégorie de pays à «risque insignifiant» qui les exemptent de la plupart des exigences de la loi. Dans la version initiale du règlement, les pays doivent être classés selon trois catégories: risque faible, standard ou élevé de déforestation. Ce texte ayant été amendé par le Parlement européen, celui-ci va devoir entrer dans une négociation en trilogue avec les États membres qui ont, eux, validé la proposition de report sans la modifier.

Pesticides dans l’eau: des inspections ministérielles proposent d’augmenter la RPD

Dans un rapport sur les pesticides et métabolites dans les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH), non publié mais révélé par Contexte le 14 novembre, trois inspections ministérielles proposent d’«augmenter progressivement le taux de la RPD» (redevance pour pollution diffuse) et d’«élargir son assiette aux produits biocides». «Les agences de l’eau doivent pouvoir continuer à financer des mesures curatives dans les territoires ruraux», écrivent l’Igas (ministère de la Santé), l’IGEDD (Transition écologique) et le CGAAER (Agriculture), «mais il est indispensable pour ce faire d’augmenter leurs recettes obtenues par la redevance pour pollution diffuse». Parmi leurs 13 recommandations, les auteurs proposent «d’instituer une zone soumise à contrainte environnementale (ZSCE)» autour de «toutes les aires de captages en dépassement ou proches des limites de qualité». Cet outil créé par la loi sur l’eau de 2006 prévoit la mise en place d’un programme d’actions, avec objectifs de résultats. Si ces derniers ne sont pas atteints, la mission préconise la «restriction, voire l’interdiction» des phytos «en dépassement de limites» dans l’aire d’alimentation du captage, accompagnée «d’indemnités compensatoires». Enfin, ils suggèrent d’harmoniser le suivi des pesticides et métabolites, au niveau européen comme national.

Pesticides/ZNT: la préfecture de Mayenne sommée de réintégrer des cours d'eau

Dans un jugement rendu public le 5 novembre, le tribunal administratif de Nantes demande à la préfecture de Mayenne d’intégrer l’ensemble des cours d’eau présents sur les cartes IGN au 1/25 000e dans la cartographie des zones de non-traitement (ZNT). Le tribunal avait été saisi par l’association France nature environnement Pays de la Loire et la Fédération environnement de Mayenne (FE53). Les deux associations avaient adressé une demande de modification en 2020 à la préfecture afin d’intégrer l’ensemble des lignes bleues pleines et en pointillés des documents IGN dans la cartographie ZNT établie par un arrêté de juillet 2017. Dans sa décision, le tribunal administratif de Nantes assure que «le préfet de la Mayenne a méconnu le principe de non-régression en matière de protection de l’environnement». En effet, la précédente cartographie des cours d’eau établie par un arrêté de 2009 prenait en compte «l’ensemble du réseau hydrographique», estime l’instance juridique. Selon Jean-Marc Lalloz, président de FE53, la cartographie de 2017 avait exclu «de très nombreux petits cours d’eau de tête de bassin versant». (Tanguy Dhelin)

Police de l'environnement: bientôt une circulaire pour rendre l'arme «invisible» (Genevard)

Interrogé le 10 novembre sur France 3, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a indiqué qu'une circulaire, co-signée par la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, allait être publiée prochainement visant à «rendre» invisibles les armes de la police de l'environnement lors de contrôles sur des exploitations agricoles. Les agents de l'Office français de la biodiversité (OFB) «peuvent être armés, mais l'arme peut être invisible», a expliqué la ministre. Selon elle, les agriculteurs voient ce port d'arme visible «comme une provocation». En mars, en réponse aux manifestations agricoles, Matignon avait annoncé la validation d’une convention entre l’OFB et les chambres d’agriculture, aussitôt démentie par la tête du réseau agricole. Le futur accord prévoyait une évolution des modalités de contrôle et un port d’arme plus «discret». Le Premier ministre Gabriel Attal avait lui-même questionné, le 26 janvier, la nécessité pour les agents de l’OFB d’être armés «quand on vient contrôler une haie», quand il avait annoncé une mise «sous tutelle des préfets» pour «faire baisser la pression» des contrôles. Cette sortie avait déclenché de vives critiques dans les rangs de l’OFB, qui dispose de pouvoirs de police administrative et judiciaire.

FCO: le guichet d’indemnisation pour le sérotype 3 ouvrira le 18 novembre (ministère)

«Dès le 18 novembre, FranceAgriMer ouvrira le premier guichet d’avance sur les indemnisations liées aux pertes directes liées à la FCO-3» (fièvre catarrhale ovine de sérotype 3), annonce le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 14 novembre. Et de compléter: «Le guichet servant à régler le solde des indemnisations liées à la FCO-3 et celles liées à la FCO-8 sera ouvert tout début 2025.» Ce fonds d’urgence de 75 M€ pour indemniser les pertes directes dues à la fièvre catarrhale ovine (FCO) avait été annoncé début octobre par le Premier ministre. Initialement réservé au sérotype 3 (exotique) de la maladie, il a finalement été élargi au sérotype 8 (endémique). Son enveloppe est inchangée, mais «en lien avec les professionnels, il a été décidé qu’un stabilisateur serait mis en place en cas de dépassement», précise la Rue de Varenne. Pour le sérotype 8, seuls les éleveurs d’ovins verront leurs pertes couvertes par ce fonds; les éleveurs de bovins pourront, eux, émarger à un «programme d’indemnisation des pertes directes» dont le ministère annonce le lancement dans le même communiqué. Enfin, l’exécutif annonce que les bovins pourront désormais être vaccinés gratuitement contre la FCO-3 dans toute la France; c’était le cas jusque-là pour les seuls ovins.

Fromages: Sodiaal et U créent un collectif contre la hausse des importations d’emmental

Les coopératives Sodiaal (lait) et U (distribution) alertent sur «la menace que les importations massives d’emmental font peser sur toute la filière laitière française» et lancent un «collectif emmental français», explique un communiqué du 13 novembre. Selon les chiffres de l’Atla (transformateurs), donnés dans le communiqué, un quart de l’emmental consommé en France est fabriqué à l’étranger. De plus, les importations ont grimpé de 11% sur les huit premiers mois de l’année, d’après l’Institut de l’élevage. Or, l’emmental est «le fromage le plus consommé dans notre pays», rappelle le communiqué, avec 3,2 kg par an et par personne, selon l’interprofession (Cniel). Les concurrents des fromages français proviennent principalement d’Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas. Ils sont présents dans les restaurants, les cantines scolaires, les maisons de retraite et «quelques gammes premiers prix de certaines enseignes», indique le communiqué. «Une aberration quand nous savons qu’en France, nous avons les volumes nécessaires pour répondre à la demande», estime le président de Sodiaal (Entremont), Jean-Michel Javelle. De son côté, la coopérative U s’engage à «privilégier l’origine France» pour ses produits de marque de distributeur. L’industriel et le distributeur ont lancé une campagne de publicité dans la presse et adresseront un courrier et un manifeste aux pouvoirs publics.

Influenza aviaire: un premier foyer dans l’Allier, un second dans les Landes

La préfecture de l’Allier a confirmé, dans un communiqué le 7 novembre, un premier foyer d’influenza aviaire dans ce département. Il s’agit d’un élevage de 200 volailles de plusieurs espèces à Saint-Plaisir, dans le nord-est du département. C’est le premier foyer apparu en dehors des grands bassins avicoles de l’ouest du pays. Par ailleurs, dans les Landes, un second élevage de canards à foie gras a été touché par la maladie, dans la même commune de Saint-Étienne-d’Orthe que le premier cas confirmé le 5 novembre. La préfecture des Landes précise qu’elle recherche des liens de contamination entre ces deux élevages. Le nombre de foyers apparus en France métropolitaine depuis le mois d’août est de 12, dont neuf dans le grand Ouest. Le risque de contamination par l’influenza aviaire est passé au niveau «élevé» dans l'ensemble de l'Hexagone en vertu d’un arrêté paru le 8 novembre au Journal officiel. Le ministère avait expliqué plus tôt dans la semaine aux professionnels que cette décision était fondée sur la dynamique forte et persistante de circulation du virus dans l'avifaune sauvage en Europe dans les couloirs de migration.

Viande: l’abattoir de Maurienne suspendu, L214 invite les éleveurs à porter plainte

Alors que L214 a publié le 14 novembre une vidéo montrant des «animaux découpés vivants» à l’abattoir de Maurienne, à Saint-Étienne-de-Cuines, la préfecture de Savoie a annoncé, dans un communiqué du même jour, avoir suspendu l’activité de cette usine. «Les constats de non-conformité qui apparaissent sur la vidéo vont faire l’objet d’une analyse approfondie», indiquent les autorités, promettant des «suites appropriées» concernant «les conditions d’abattage, les procédures documentées et le système de surveillance et d’autocontrôle». Dans son communiqué, L214 dit avoir constaté dix «manquements graves» en dix jours d’abattage («étourdissement inefficace», «absence de vérification de l’inconscience des animaux», découpe effectuée «sur des animaux présentant des mouvements», etc.). Selon l’association, cet abattoir multi-espèces «appartient au Syndicat du pays de Maurienne» (cinq communautés de communes»), est «géré par la profession agricole (coopératives et éleveurs) et des bouchers», et «compte parmi ses dirigeants Lionel Rittaud, président d’Interbev Auvergne-Rhône-Alpes». L214 a porté plainte contre l’abattoir et contre l’État. Fait plus rare, l’ONG «appelle les éleveurs à se porter partie civile» et se dit à leur disposition pour les accompagner dans cette démarche.

Crise viticole: des demandes d'aides à l'arrachage pour 27 500 ha, inférieures au budget

Des viticulteurs français ont déposé plus de 5400 demandes d'aide à l'arrachage de vignes pour résorber la surproduction, soit une surface de près de 27 500 ha, a annoncé le 13 novembre FranceAgriMer. Début octobre, la Commission européenne avait approuvé jusqu'à 120 M€ de subventions de l'État français pour soutenir les viticulteurs, touchés par les conséquences de la guerre en Ukraine. «Au terme de la période de dépôts des dossiers par les exploitants via la plateforme de télédéclaration, 5418 demandes ont été déposées, portant sur l'arrachage de 27 461 ha de vignes», selon un communiqué de FranceAgriMer. Le total des aides demandées «se monte à 109,8 M€», inférieur donc au budget initial. Jugeant l’«objectif atteint» pour la campagne d’arrachage définitif, les organisations nationales viticoles, ainsi que la FNSEA et JA, réclament la mise en œuvre «rapide» d’un arrachage temporaire. Cet outil, «à intégrer dans les textes européens», permet de «soulager un temps les exploitations» et de leur «donner l’opportunité de réorienter leur production vers des segments plus porteurs économiquement», d’après un communiqué commun. Les organisations souhaitent que l’arrachage temporaire apparaisse dans les recommandations du groupe à haut niveau viticole, récemment lancé par Bruxelles.

Spiritueux: Cointreau partenaire d’Intact sur l’alcool de légumineuses bas carbone

Le groupe de spiritueux Rémy Cointreau a signé avec l’industriel Intact un accord sur l’approvisionnement en alcool neutre issu de légumineuses, ont-ils annoncé le 14 novembre. Ce partenariat vise la production d’«un minimum de 20 000 hl AP» (alcool pur) par an destinés à la Maison Cointreau, selon un communiqué. Un approvisionnement via Intact, qui développe des ingrédients bas carbone issus de l’agriculture régénératrice à partir de légumineuses pour les secteurs alimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques. L’alcool neutre concerné «permettra à Cointreau d’économiser 1200 tonnes équivalent CO2», représentant une baisse de 5% de son bilan carbone. Il «permettra de soutenir la culture de 3000 ha de légumineuses en région Centre-Val de Loire», souligne le communiqué. Intact prévoit de fabriquer l’alcool neutre sur un site en construction à Baule (Loiret), dont l’inauguration est prévue au second semestre 2025. Quant au partenariat avec Rémy Cointreau, il est prévu sur trois ans «à compter du mois de janvier 2026». La Maison Cointreau deviendra alors «la première marque de spiritueux dans le monde à intégrer l’alcool de légumineuses bas carbone dans son approvisionnement», affirme Mélanie Bulourde, directrice des opérations et de la RSE.

Tomates: dans la Manche, un projet d’extension de serres bloqué par le préfet

Le 12 novembre , la préfecture de la Manche a refusé d'accorder l'autorisation environnementale à l'entreprise «Les Tomates du Mont-Saint-Michel» qui voulait s'agrandir sur son site d’Isigny-le-Buat, rapporte France Bleu Cotentin. Elle avait déposé en février 2024 un permis de construire pour passer de 12 à 32 ha d'ici à 2026. La décision de ne pas accorder l’autorisation environnementale a été prise en raison d’une impossibilité d’appréhender les impacts sur l’environnement du projet, à partir des données fournies par l’entreprise. «En particulier, les mesures de compensation proposées apparaissent insuffisantes, les conditions de délivrance d’une dérogation à la protection appropriée des espèces protégées concernées ne sont pas réunies et l’ensemble des impacts sur la ressource en eau est insuffisamment évalué», a expliqué Xavier Brunetière, préfet de la Manche. «L'arrêté dit en l'état actuel du projet, l'autorisation environnementale n'est pas accordée. Ceci sous-entend "Modifiez votre projet pour obtenir l'accord"», souligne l’association «Stop tomates industrielles à Isigny-le-Buat», créée en janvier et soutenue par la Confédération paysanne, sur sa page Facebook. Elle organise une marche le 16 novembre dans la commune pour protester contre ce projet. «Les Tomates du Mont-Saint-Michel», entreprise à capitaux néerlandais (AgroCare) dispose déjà d’une serre à Brecey.

Semences: l’UFS veut que soit préservé le crédit impôt recherche

Souhaitant participer aux débats politiques, les représentants de l’UFS (semenciers) ont formalisé 13 propositions lors d’une conférence de presse le 13 novembre. Les enjeux identifiés: poursuivre l'innovation variétale, «sécuriser» la production de semences, promouvoir «l’excellence» de la filière française et exercer les métiers de manière sécurisée d’un point de vue juridique et économique. Pour cela, l’UFS souhaite notamment que soit préservé le crédit d’impôt recherche (7,6 Md€ en 2024) qui soutient près du quart des dépenses de R&D des entreprises semencières françaises (11% en moyenne de leur chiffre d'affaires). Parmi les autres priorités des semenciers: «réaffirmer clairement que, pour l'export, les semences traitées ne doivent pas être assimilées aux produits phytosanitaires»; que le dossier des NGT (nouvelles techniques d’édition du génome) aboutisse enfin à l’échelle européenne pour que les sélectionneurs puissent profiter de cette technologie; que la réglementation européenne autour des semences (inscription des variétés, production des semences et commercialisation) soit «harmonisée et modernisée pour tenir compte des objectifs de durabilité et de diversité politique agricole au sein de l’UE». (Anne Gilet)

Enseignement technique agricole: hausse du budget dans le PLF 2025, malgré le «coup de rabot»

Auditionnée le 12 novembre au Sénat, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a présenté un budget en hausse l’an prochain dans l’enseignement technique. Cette augmentation des crédits de paiements résiste au «coup de rabot» lié à l’effort de redressement des finances publiques, d’après les chiffres présentés devant la commission de la Culture, de l'éducation, de la communication et du sport. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 prévoyait quelque 35 M€ d’enveloppe supplémentaire pour l’enseignement technique agricole, à 1,7 milliard d’euros (+2%). Une somme à laquelle s’applique un «coup de rabot» de 18 M€, réduisant ainsi de moitié la hausse des crédits. Annie Genevard a néanmoins confirmé l’objectif d’augmentation de 30% du nombre d’apprenants d’ici à 2030. Concernant l’enseignement supérieur agricole, le PLF 2025 prévoyait 431 M€ de crédits de paiements (contre 440 M€ dans le PLF 2024). Le «coup de rabot» s’applique également, à hauteur de 8 M€. Annie Genevard a toutefois rappelé l’objectif de former 75% de vétérinaires en plus d’ici à 2030. «Je tiens à cette trajectoire essentielle pour notre élevage, a dit la ministre. Il nous faut mailler le territoire avec des vétérinaires.»

Zéro artificialisation: au Sénat, une PPL vise à assouplir la trajectoire de baisse

Une proposition de loi (PPL) déposée le 7 novembre au Sénat vise à «redonner de l'air aux collectivités» en assouplissant de nouveau la mise en œuvre du Zan. Inscrit dans la loi Climat de 2021, le «zéro artificialisation nette» ambitionne de stopper l'étalement urbain d'ici 2050. Un objectif intermédiaire prévoit de diviser par deux le rythme de bétonisation au cours de la décennie 2021-2031. Le texte déposé par Jean-Baptiste Blanc (LR) et Guislain Cambier (Union centriste) propose d'abroger l'objectif intermédiaire de 2031 sans remettre en cause l'objectif final de 2050, afin de laisser «plus de latitude aux régions dans la fixation de leurs objectifs régionaux». Les sénateurs veulent aussi uniformiser la mesure des hectares artificialisés en conservant au-delà de 2031 le décompte de la consommation d'Enaf (espaces agricoles, naturels et forestiers). Par ailleurs, le texte inverse la logique de définition des objectifs de sobriété en partant des besoins des collectivités, et repousse les calendriers pour intégrer ces objectifs dans les documents d'urbanisme. Les régions auraient jusqu'à 2026 et les communes jusqu'à 2036 pour les intégrer (contre novembre 2024 et 2028).

Appellations: lancement d’un répertoire numérique des productions sous Siqo

Dans un communiqué du 14 novembre, l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) et Chambres d’agriculture France annoncent le lancement d’une «plateforme des données économiques des produits sous signe officiel d’identification de la qualité et de l’origine» (Siqo hors agriculture biologique*): DataSIQO. Cette plateforme «s’adresse à un public large d’utilisateurs»: agriculteurs, organismes de défense et de gestion (ODG), autres acteurs des filières, décideurs publics, consommateurs, etc. L’objectif est de «promouvoir la place et le rôle [des Siqo] dans l’économie des territoires». L’outil centralise des informations sur le «nombre d’opérateurs amont et aval», les volumes, les surfaces, etc. Les données sont issues des enquêtes annuelles menées auprès des ODG (organismes de défense et de gestion) par l’Inao. Les utilisateurs ont «la possibilité de suivre l’évolution des filières sous SIQO depuis 2018, à différentes échelles», est-il précisé. Sur 1204 produits sous Siqo hors AB, 1065 sont répertoriés sur la plateforme. Seules les productions ayant un poids «signifiant» ont été retenues.
* Appellation d’origine protégée (AOP), indication géographique protégée (IGP), spécialité traditionnelle garantie (STG) et Label rouge (LR)

Eau: les nappes «excédentaires» en France, à l’exception du sud qui «inquiète» (BRGM)

Les nappes phréatiques, à des niveaux historiquement bas dans l’extrême sud de la France, se sont globalement bien rechargées dans le reste du pays en octobre, a annoncé le BRGM (bureau de recherches géologiques et minières) dans son bulletin de situation hydrogéologique publié le 14 novembre. «Les niveaux des nappes sont excédentaires en octobre puisque 78% sont au-dessus des normales mensuelles», y lit-on. «La situation reste inquiétante, avec des niveaux très bas» au niveau des nappes de la plaine du Roussillon et du massif des Corbières, où des «minima historiques» ont été atteints, a constaté l’établissement public. Les précipitations du mois d’octobre ont été très insuffisantes dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude pour compenser les déficits pluviométriques accumulés depuis plus de deux ans dans ces secteurs, souligne le bulletin. L’état des nappes était également défavorable en octobre 2024 en Corse. Ailleurs dans le pays, la situation est «beaucoup plus favorable» que celle observée en octobre 2023, à la faveur des «pluies efficaces du printemps puis plus ponctuellement de l’été», précise le BRGM. Il met toutefois en garde face à une recharge particulièrement abondante des nappes phréatiques, qui pourrait participer aux débordements des cours d'eau ou engendrer des phénomènes d'inondations.

Presse agricole: plusieurs entités du groupe de médias Téma liquidées

Le tribunal judiciaire de Metz a prononcé la liquidation de plusieurs sociétés du groupe de presse Téma, entraînant la suppression d'au moins 80 emplois, a appris l’AFP le 14 novembre auprès de membres du groupe. En difficulté quant à sa stratégie numérique, ce groupe de presse spécialisé revendiquait «40 marques médias de référence» sur les thématiques du transport, de l'agriculture ou du social. Il perd ses filiales «Média et jardin», «Média et agriculture», «Média et nature active» et «Agri terroir communication» (ATC), éditrice de différents magazines («Culture légumière», «Jardineries», «Cultivar»...), ainsi que l'agence Pixel6TM, productrice de contenus éditoriaux. «Je vis mal de voir ces sociétés liquidées, et de voir des collaborateurs qui n'ont pas démérité se retrouver hélas sur le carreau», a réagi auprès de l'AFP François Grandidier, fondateur de ces sociétés et gérant du groupe. «On a mis trop de temps à déployer notre projet» de «mutation complète des médias» et de création de «portails numériques transversaux.» «Et dans le digital, quand les choses mettent trop de temps à se déployer, elles deviennent obsolètes avant d'avoir été opérationnelles», selon lui.

Agenda de la semaine agricole du 18 novembre 2024

Lundi 18 novembre
Sommet du G20, jusqu'au 19 novembre à Rio
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE à Bruxelles (marchés agricoles, simplification de la Pac, protéines végétales)
Manifestations nationales de la FNSEA
Le Sénat examine le projet de loi de financement de la sécurité sociale
Présentation d'une étude Apro Bio des Hauts-de-France sur la distribution en région

Mardi 19 novembre
Manifestations de la Coordination rurale dans le Sud-Ouest
Conférence de presse des agences de l'eau sur leurs 12es programmes d'intervention, au Salon des maires
Journée de l'Anses sur l'antibiorésistance en santé animale
Les députés examinent la PPL sur les titres-restaurants en séance publique
Salon de la biodiversité et du génie écologique sur le Cycle de l’eau, jusqu’à jeudi (Paris)
Conférence de presse Terra vitis (cahier des charges viticole)
Journée nationale des pêches/nectarines et abricots (SudExpé et AOP Abricots), dans le Gard
Signature d’une convention de partenariat MSA/Anact (conditions de travail), au Salon des maires

Mercredi 20 novembre
Congrès du maïs, à Pau jusqu'à jeudi 
Colloque de restitution d'une étude sur la qualité des sols (Inrae)
Forum biodiversité de l’OFB, jusqu’à dimanche (Paris)
Congrès ICOP (coopératives fruits et légumes), au Portugal, jusqu’au 22 
Visites d’essais CTIFL «alternatives aux herbicides en maraîchage» en Guyane 

Jeudi 21 novembre
Journée décarbonation de l'élevage de l'Institut Agro, à Rennes
Salon Interpoma (pommes) à Bolzano (Italie), jusqu’au 23
Congrès de Légumes de France (Agen), jusqu’au 22
Conférence de presse d'Arvalis sur la lutte contre les maladies des céréales à paille
Colloque sur la problématique du phosphore en bio, à Bordeaux
Visioconférence sur la génétique au service d'un élevage durable (Idele, Eliance, Inrae)
Lancement de l'Année internationale des coopératives

Vendredi 22 novembre
Visioconférence «filières coopératives et PAT» de la Coopération agricole Nouvelle-Aquitaine