Réuni à Kasane (Botswana), le Comité intergouvernemental de l’Unesco a inscrit le 6 décembre la transhumance au « patrimoine culturel immatériel de l’humanité » (PCI). Cette pratique est définie comme « un déplacement saisonnier de personnes et de leur bétail entre plusieurs régions géographiques ou climatiques ». Dans le détail, la décision du 6 décembre est une extension d’une précédente inscription actée en 2019 concernant les migrations du bétail en Méditerranée et dans les Alpes (Autriche, Grèce, Italie) ; y ont été ajoutées l’Albanie, Andorre, la Croatie, la France, le Luxembourg et la Roumanie.
Dans son rapport d’évaluation, le comité intergouvernemental note que cette pratique « a un impact bénéfique sur les écosystèmes, préserve les races locales et améliore la fertilité des sols et la biodiversité ». L’inscription de la transhumance au patrimoine de l’Unesco « soutiendra également les politiques publiques visant à protéger cette pratique (risque de prédation par le loup, par exemple) », a réagi le ministère français de l’Agriculture. De son côté, l’interprofession bétail et viandes Interbev précise que, dans le cadre de la démarche d’inscription, un « plan de sauvegarde et de valorisation de la transhumance » a été « élaboré ».
Le 6 décembre, l’Unesco a aussi intégré au patrimoine de l’humanité l’« irrigation traditionnelle » : présente dans sept pays d’Europe occidentale (1), elle « utilise la gravité et des constructions artisanales […] pour acheminer l’eau des points de captage naturels […] vers les champs ». Ont également été inscrites la tradition de la saison d’alpage en Suisse, ainsi que les « connaissances, méthodes et pratiques traditionnelles associées à la culture de l’olive » en Turquie. En tout, une quarantaine de traditions, savoir-faire et évènements ont été inscrits le 6 décembre.