Des organisations agricoles européennes veulent profiter de la campagne de promotion des produits agricoles Made in Europe promise par Ursula von der Leyen pour remettre sur la table la question de l’étiquetage de l’origine.
En annonçant le prochain lancement d’une campagne « Buy European Food » (« Acheter des produits alimentaires européens »), Ursula von der Leyen a ouvert la boîte de Pandore. Sous le feu des critiques du secteur agricole, l’intention de la présidente de la Commission européenne, qui en a fait l’annonce dans son discours sur l’état de l’Union le 10 septembre, est de compenser les effets négatifs des récents accords commerciaux finalisés par Bruxelles (avec le Mercosur et les États-Unis). Mais des organisations agricoles souhaitent en profiter pour demander des efforts sur l’étiquetage de l’origine des produits.
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« Pour que la campagne “Buy European Food” soit pertinente, les consommateurs doivent avoir accès à des informations claires sur l’origine des aliments qu’ils achètent et consomment », préviennent les filières européennes de la volaille, du lapin et des œufs (Avec, Copa-Cogeca, Effab, Era, Erpa, Euwep) dans un communiqué du 16 septembre. « Aucune obligation n’existe pour les produits transformés (tels que les nuggets, les pizzas ou les plats préparés), pour la viande de lapin (fraîche, réfrigérée, congelée et transformée), ni pour les services de restauration et de restauration collective, où la majorité de la viande de volaille, des ovoproduits et de la viande de lapin importés sont utilisés », soulignent les organisations professionnelles qui souhaitent l’introduction de l’indication obligatoire du lieu de naissance, d’élevage et d’abattage pour les produits à base de volaille et de lapin provenant de pays tiers.
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Rôle secondaire des productions primaires
Le lobby européen des fruits et légumes, Freshfel, s’inquiète également du changement de terminologie du programme. Passer de l’actuel « Enjoy, it’s from Europe » (en place depuis une dizaine d’années) à « Buy European Food » risque de faire basculer le message vers l'« alimentation » et donc « reléguer les productions primaires, comme les fruits et légumes, à un rôle secondaire ». « Alors que l’industrie agroalimentaire dispose déjà de ressources marketing privées substantielles », Freshfel demande que seuls les produits fabriqués avec des ingrédients 100 % européens soient éligibles au futur programme.
Les détails de la nouvelle campagne, en premier lieu son budget, devraient être connus, comme chaque année, au mois d’octobre avec la présentation du programme de promotion de l’UE pour 2026. Pour 2025, il a été doté de 132 millions d’euros soit une baisse de 53,9 M€ par rapport à 2024 du fait d’une coupe importante dans l’enveloppe des multi-programmes (financés à 100 % par l’UE).