Près de la moitié des colonies d’abeilles suisses, soit 100 000 colonies, ont péri l’hiver dernier, un triste record, selon une étude publiée le 22 mai par les autorités suisses, pour qui la douceur du printemps et de l’automne 2011 ont favorisé la multiplication du parasite principal responsable de ces pertes. « L’analyse des résultats montre une image bouleversante », indique ainsi l’Office fédéral de l’Agriculture (Ofag) qui suit depuis cinq ans la vie des abeilles. Selon les résultats de l’enquête, menée auprès de plus de 1 000 ruchers de tous les cantons suisses et du Liechtenstein, près de 50% des colonies d’abeilles des apiculteurs ont dépéri, en raison notamment du parasite Varroa destructor. Ce chiffre correspond au cumul des pertes avant la mise en hivernage début octobre 2011, les pertes hivernales jusqu’à la sortie de l’hivernage des colonies d’abeilles mi-avril 2012 ainsi que les colonies qui étaient trop faibles à la sortie de l’hivernage pour devenir une colonie de production. Tous les cantons ont été touchés dans une proportion plus ou moins forte. Ce sont les pertes les plus graves enregistrées depuis que ces chiffres sont relevés systématiquement par les autorités suisses. Du point de vue financier, cela équivaut à un dommage de près de 25 millions de francs suisses (20,8 millions d’euros) pour les apiculteurs. Comme dans d’autres pays, le parasite joue un rôle prépondérant dans ces pertes hivernales. L’action de cet acarien est triple : il prélève le sang de l’abeille, affaiblit le système immunitaire de l’abeille et agit comme vecteur d’autres agents pathogènes dont les virus. Selon les scientifiques, le parasite raccourcit la durée de vie des abeilles d’hiver de 5 ou 6 mois à 2 ou 3 mois, de sorte que la colonie ne survit pas à l’hiver. Or la douceur du printemps 2011 a permis au Varroa de se multiplier rapidement, causant par la suite d’importantes pertes au sein des colonies d’abeilles. En outre, « l’automne 2011 particulièrement clément a aussi favorisé le transfert du parasite d’une colonie à une autre par la dérive d’abeilles ou par le pillage entre colonies », pointent les chercheurs.
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