Publié lors de la COP 21, le livre vert de l'Ania recueille 100 bonnes pratiques d'industries agroalimentaires françaises en faveur de l'environnement.
« Aujourd'hui, ce que nous souhaitons c'est une mobilisation collective bien plus qu'un engagement », indiquait Charlène Poveda, responsable développement durable à l'Ania, lors de sa présentation du livre vert des 100 bonnes pratiques en faveur de l'environnement lors du CFIA de Rennes début mars. L'association nationale des industries agroalimentaires, qui compte 15 789 entreprises dont 98 % de PME, représente 493 272 emplois et 157,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires. A l'aune d'une population planétaire de plus de 8,4 milliards d'habitants en 2030, les industries agroalimentaires devront faire face à une demande grandissante. Dans le même temps, le changement climatique oblige à repenser les modèles. « Les températures vont augmenter, provoquant des pertes de surfaces agricoles, une diminution des rendements et une raréfaction des ressources », précise Charlène Poveda. « L'alimentation représente 21 % des émissions de CO2 et 30 % des consommations énergétiques mondiales pour les produire. 4 % des émissions totales de la France en CO2 sont dues aux activités agroalimentaires ».
APPROVISIONNEMENT MIEUX PENSÉ, PRODUCTION MOINS ÉNER-
GIVORE Lancé lors de la COP21, le livre vert de l'Ania souligne 100 bonnes pratiques issues de grands groupes et de PME agroalimentaires françaises. Objectif ? Proposer des pistes d'action, de l'approvisionnement au transport en passant par l'utilisation de l'énergie pour la production, la gestion des emballages et leur fin de vie ainsi que les pertes et le gaspillage alimentaire. A titre d'exemples, l'Ania s'appuie sur des cas concrets en entreprises. Comme Lesieur et sa filière Fleur de Colza qui défend une production 100 % française avec 1 000 agriculteurs développant une pratique agro-écologique, durable et de proximité. Le projet « Vapeur Verte » de Mars Chocolat France en Alsace vise, lui, à réduire la consommation d'énergie de son outil de production grâce à une interconnexion avec une usine d'incinération d'ordures ménagères. Celle-ci répond désormais à 90 % des besoins en chaleur et en vapeur du site et permet d'économiser 8 700 tonnes de CO2 par an, soit une diminution de 60 % de ses émissions. A l'échelle mondiale, le groupe Mars souhaite que l'impact environnemental de toutes ses unités de production soit nul d'ici à 2040.
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EMBALLAGE RECYCLÉ, TRANSPORT OPTIMISÉ ET GASPILLAGE LIMITÉ
Nespresso a également mis en test le projet « Métal » dans une trentaine de centres de tri en France afin de recycler jusqu'à 42 % d'aluminium de ses capsules de café. A terme, l'empreinte carbone d'une capsule Nespresso pourrait diminuer de 20 %. En Bretagne, 24 industriels mutualisent leurs transports, emmenés par Altho (les chips Bret's), Chancerelle, Hénaff et Loc Maria, afin de livrer 32 entrepôts Carrefour. Les résultats font état d'une diminution de 1300 camions par an sur les routes, soit 35 % de trafic de poids lourds en moins, et un remplissage amélioré de 50 %. Enfin, pour lutter contre les pertes alimentaires, McCain a lancé le projet « Bon et Bien » en 2014. En partenariat avec un acteur de l'emploi temporaire, Randstad, et la Banque Alimentaire du Nord-Pas de Calais, des chômeurs de longue durée cueillent et ramassent les légumes qui seraient écartés des circuits de distribution pour en faire des soupes aujourd'hui revendues dans les hypers Leclerc. Le gaspillage alimentaire reste un énorme chantier.