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Sécurité alimentaire 140 à 150 000 tonnes de bœuf britannique débloquées

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La fin de l’embargo sur le bœuf britannique va donner un peu d’air au marché de la viande. Mais, pour les transformateurs, elle ne devrait pas changer radicalement la donne. Car, depuis la mise en place de l’embargo en mars 1996, la filière britannique s’est profondément restructurée. Elle serait en mesure d’exporter seulement 140 à 150 000 tonnes de viande bovine.

Décrété il y a dix ans tout juste, l’embargo sur le bœuf britannique va être levé. Les experts vétérinaires de l’Union européenne ont adopté à l’unanimité, le 8 mars, une proposition de la Commission de Bruxelles mettant fin aux mesures de précaution imposées à la viande bovine britannique en raison de la crise de la vache folle (ESB).

« Le Royaume-Uni a réalisé d’importants progrès pour contrôler la maladie et remplit désormais les critères qui permettent de lever l’embargo sur les exportations », s’est félicité Markos Kyprianou, le commissaire en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs. « Les échanges doivent reprendre leur cours normal», a-t-il ajouté.

270 000 tonnes

« Les parts de marché perdues ne seront pas retrouvées du jour au lendemain par les opérateurs britanniques », nuance une source communautaire. Toutefois, les choses pourraient aller plus vite que prévu étant donné la tension sur le marché et les attentes, par exemple, de l’industrie de transformation du continent. Avant la crise, en 1995, le Royaume-Uni était un acteur majeur dans l’exportation de viande de bœuf et de produits à base de viande bovine en Europe et dans le monde. L’embargo, imposé à partir du mars 1996, a stoppé net ces échanges. Même s’ils ont été un peu relancés suite à des dérogations accordées par l’Europe en 1999.

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Levée de l’embargo en avril

L’industrie de la transformation ne s’attend donc pas à un changement radical du marché lié au retour des opérateurs britanniques. Tout dépend du niveau de réticence du commerce pour des produits dont l’image a été fortement atteinte par la crise de la vache folle. Certains experts tablent sur 140 à 150 000 tonnes de viande bovine supplémentaire disponible, lorsque la fin de l’embargo sera effective, c’est-à-dire pas avant le mois d’avril, le temps pour la Commission européenne d’approuver formellement la décision et au Parlement européen de faire jouer son droit de regard.

La viande disponible sera essentiellement issue du cheptel britannique de vaches laitières. Le risque d’une ruée vers cette matière première n’est pas exclu. Mais il pourrait annuler l’effet à la baisse attendu sur les cours.