Abonné

Partenariat national en faveur des IAA 150 millions (dont 50 de l’Etat) pour les PME, annonce Nicolas Forissier

- - 4 min

La mobilisation de Nicolas Forissier pour stimuler les industries alimentaires reste sans faille. Le secrétaire d’Etat à l’Agriculture a tenu les délais pour boucler l’ensemble des mesures du « Partenariat national en faveur des IAA » (PNDIAA) dont plusieurs ont une traduction financière : d’emblée et jusqu’à 2007, a-t-il expliqué à la presse, 150 millions d’euros seront mis à la disposition des entreprises, dont une centaine de millions de prêts participatifs facilités par une garantie de l’Etat. Le reste relève directement du budget au titre de l’aide à l’export ou de la recherche, sans compter maints efforts d’adaptation des administrations et réseaux publics pour mieux servir les entreprises…Pour Nicolas Forissier, cela faisait près de 30 ans que la première industrie française n’avait pas fait l’objet d’un plan d’action concret : après une phase « terrain » riche d’un millier de contacts avec des entreprises, les six axes d’action qu’il avait prédéfinis ont maintenant un contenu, une « construction cohérente et durable », affirme-t-il, et dont on verra ci-après le détail.

L’argumentaire, lui, était bien connu depuis le départ : la première industrie française, deuxième employeur national, a des fragilités auxquelles il importe de remédier : elle créait des emplois et commence à en perdre, ses parts de marché à l’export s’érodent et son rang de n°2 au palmarès des exportateurs mondiaux vient de lui être ravi, elle ne consacre que 1,3% de sa valeur ajoutée à la recherche-développement contre 6,5% dans le reste de l’industrie, ses entreprises manquent souvent de fonds propres et faute d’une bonne image de ses métiers le recrutement y est difficile.

La bannière de l’emploi

Le « Partenariat » se veut d’abord un moyen de développer l’emploi et affiche un objectif de 80 000 créations de postes en dix ans, pour passer de 420 000 actuellement à 500 000 à terme. « Ce n’est pas irréaliste, selon Nicolas Forissier, si l’on tient compte du taux de croissance annuel de l’emploi dans l’industrie agroalimentaire ». Celle-ci est l’un des rares secteurs en France à avoir créé des postes au cours de la dernière décennie. Mais en 2004, pour la première fois depuis dix ans, l’emploi (418 500 salariés si l’on inclut l’artisanat) a régressé de 0,6%.

L’ensemble de ce « Partenariat » représente donc un « à valoir » sur deux ans et demi d’un minimum de 150 millions d’euros, dont au moins 50 M EUR de crédits budgétaires, en « majeure partie » nouveaux, et 100 M EUR de financement, principalement des prêts participatifs, a précisé le secrétaire d’Etat.

Plus des deux tiers des 10 841 entreprises du secteur ont moins de 20 salariés et pour permettre aux PME de l’agroalimentaire un accès à des produits financiers, un partenariat a été mis en place entre le ministère de l’Agriculture et la banque Oséo, la nouvelle banque publique destinée à financer les projets des PME, née du rapprochement de l’Anvar et de la BDPME.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

industrie
Suivi
Suivre
recherche
Suivi
Suivre

L’innovation est indispensable pour le développement des PME et le plan bénéficie du triplement des moyens que l’Agence nationale de la recherche vient d’ouvrir cette année (12,6 M EUR) pour l’alimentation et la nutrition.

De plus, différentes mesures sont proposées, dont un « kit export », conseil personnalisé réalisé par des organismes spécialisés, afin de doubler le nombre d’entreprises exposant dans les salons internationaux (2 500 prévues en 2008) et celles régulièrement exportatrices, avec un objectif de 2.000 dans 3 ans contre 1.000 actuellement.

L’Etat va également revoir ses relations avec la Sopexa qui l’an prochain sera mise en concurrence totale avec d’autres sociétés. L’Etat, qui détient environ un quart du capital de la Sopexa, entend vendre sa part avant la fin de l’année.

Enfin, pour améliorer l’image de l’agroalimentaire et mieux faire connaître ses métiers, une grande campagne de communication va être lancée en juin pour aider à pourvoir le dixième des 100.000 offres d’emploi proposées chaque année dans ce secteur.