L'Association technique énergie environnement (ATEE), à travers son Club Biogaz, interprofession des acteurs du biogaz, a présenté le 4 juin au salon Expobiogaz, 17 recommandations pour créer les conditions favorables au développement d'une filière biogaz pour véhicules (bioGNV) en France. Parmi ces recommandations, un volet agricole pour l'utilisation du biogaz par les tracteurs.
L'ATEE a présenté au salon Expobiogaz un « livre blanc » du bioGNV, le gaz naturel pour véhicules, pour développer ce carburant renouvelable. La démarche s'articule en deux phases : à court terme, développer le bioGNV, à moindre coût, dans les flottes captives (véhicules d'entreprises, taxis, poids lourds, et aussi engins agricoles). Puis généraliser ce carburant au grand public.
Le bioGNV provient du traitement d'un gaz renouvelable, le biogaz. Ce dernier est issu de la dégradation de matières organiques (effluents d'élevages, déchets ou coproduits de l'agriculture, déchets alimentaires, boues d'assainissement, etc.) par méthanisation ou du captage du biogaz provenant des déchets organiques stockés dans les installations de stockage des déchets non dangereux, rappelle l'association.
Le Club Biogaz recommande par ailleurs d'exclure le bioGNV de la contribution carbone mise en place par la loi de finances 2014.
Une recommandation : développer des circuits courts agricolesParmi les recommandations, l'ATEE consacre un volet au biométhane d'origine agricole. Sur ce volet, le Club Biogaz estime « stratégique » d'étudier l'utilisation du biogaz produit en méthanisation agricole directement par les engins de travaux agricoles, à l'image du programme Meka développé par la Suède. Il suggère de concevoir avec les syndicats agricoles, développeurs de projets de méthanisation et instituts de recherche (Inra, Irstea) un programme d'étude pour évaluer la faisabilité de cette solution permettrait d'en étudier la pertinence et de communiquer sur ce débouché. Cette étude « pourrait s'appuyer sur les installations de méthanisation en fonctionnement et en projet, ainsi que sur le programme mené en Suède ».
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À terme, cela pourra déboucher sur la mise en place d'un maillage du milieu rural par des stations agricoles légères qui seraient beaucoup moins contraignantes et coûteuses que les stations de distribution publiques. Des contrats de gré à gré entre producteurs et consommateurs pourraient être envisagés. Les projets agricoles en injection réseau « seraient alors à même de faire une double valorisation » : celle des biodéchets, et celle du bioGNV.
EN Europe, le méthane carburant a été largement adopté par l'Italie, avec plus de 700 000 véhicules, représentant 1,87 % de la flotte totale, indique l'ATEE. L'Allemagne et la Suède, avec respectivement 100 000 et 40 000 véhicules représentant 0,2 % et 0,9 % des flottes existantes, font également du développement de la solution « gaz carburant » un axe stratégique de la transition énergétique.
De son côté, la France se place au quatrième rang des pays européens détenteurs de véhicules GNV avec 13 000 véhicules (0,04 % de la flotte totale). Pour l'ATEE, le risque existe d'une reproduction des mécanismes qui, « dans les autres filières des énergies renouvelables, ont amené certaines technologies françaises à accumuler un retard vis-à-vis des voisins européens ». Le marché des véhicules GNV croit de façon exponentielle dans les pays émergents et aux États-Unis, où les flottes de constructeurs français ont des parts de marché (Brésil, Chine…).