Abonné

Étude 180 000 ha de cultures énergétiques possibles sur aires de captage d'eau

- - 3 min

Le potentiel de cultures énergétiques sur les aires de captage d'eau en France est estimé à 180 000 hectares par une étude présentée le 17 janvier par la Chambre régionale d'agriculture de Picardie. Une source d'économies pour les collectivités utilisatrices de chaudières, et de nouveaux débouchés pour les agriculteurs.

Les aires de captage d'eau représentent une superficie de 1,8 million d'hectares en France, a indiqué Frédéric Levrault, de la Chambre régionale d'agriculture de Poitou-Charentes. En retenant l'hypothèse prudente d'un taux de 10% d'implantation de cultures énergétiques lignocellulosiques sur ces surfaces (« nous n'avons pas cherché à bouleverser l'occupation des sols dans les usages »), le potentiel est de 180 000 hectares. Cette étude de la Chambre régionale d'agriculture de Picardie, pilotée par le RMT (« Réseau mixte technologique ») Biomasse, le réseau national de recherche et développement dédié à la production de biomasse sur les territoires, a été présentée le 17 janvier à Paris. Ce réseau de recherche & développement dédié à la biomasse agricole a pour chef de file la chambre régionale d'agriculture de Picardie.

Du chauffage pour 350 000 logements

Supposant le rendement moyen de ces cultures à 8 tonnes de matière sèche à l'hectare, l'étude du RMT Biomasse estime la production de biomasse énergétique à 1,4 million de tonnes, soit 7 millions de mégawatt-heures, l'équivalent de la consommation énergétique de 350 000 logements de 100 mètres carrés, ou de 1,4 million de logements à basse consommation, a précisé Frédéric Levrault.

Cette étude part des données du Grenelle, qui recensent 500 points de captage. « Mais ce recensement n'est pas exhaustif. Leur nombre pourrait être de mille ». Un chiffre évoqué également par Léa Molinié, du bureau de la biomasse et de l'énergie au ministère de l'Agriculture en conclusion du colloque.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Presque aussi compétitives que les plaquettes forestières

La condition pour implanter ces cultures est qu'elles utilisent peu d'intrants. C'est le cas du chanvre, de la luzerne, du sorgho, du triticale, du peuplier et de l'eucalyptus, et surtout du miscanthus et du switchgrass. Sur cet éventail de cultures, le miscanthus et le switchgrass présentent les coûts de revient les plus faibles : 52 euros par mégawatt-heure rendu exploitation pour le switchgrass et 47 pour le miscanthus.

Ces cultures lignocellulosiques arrivent à un prix proche de celui des plaquettes forestières, chez l'utilisateur final (école, mairie…) : leur coût de revient moyen est de 108 euros par mégawatt-heure, contre 100 pour les plaquettes forestières. Et contre 296 euros avec le gaz fossile et 399 avec le fioul domestique.

L'objet de cette étude est d'apporter des éléments de réflexion et des références aux décideurs pour leurs éventuels projets de partenariats énergétiques avec des agriculteurs.