Il ne faut pas s’y tromper : avec la réforme qui s’annonce des offices agricoles, c’est un nouveau tournant historique pour les paysans français qui se présente. Ces outils ont, depuis des décennies pour certains (l’office du blé est né en 1936 !, celui des viandes date de 1972, Jacques Chirac étant ministre de l'Agriculture), appliqué une politique agricole faite à la fois de gestion des marchés et d’orientation des productions. Demain, ces offices seront regroupés par grande catégorie d’agriculteurs, avec des budgets soumis au régime minceur, distribuant surtout des aides à l’exploitation, sans grande marge d’action pour agir sur les équilibres économiques sectoriels.

C’est, en quelque sorte, le 2 e étage de la révolution de la politique agricole pour les Français, le premier étant la réforme de la Pac adoptée l’an dernier à Luxembourg.

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Les organisations agricoles ne se sont pas encore mobilisées sur cet enjeu. Moins, en tout cas que les salariés, dont les emplois sont concernés en première ligne. Elles y voient une amélioration de l’efficacité de ces institutions et elles sont rassurées par le fait que, selon certains engagements plus ou moins officiels, les conseils de direction sectoriels devraient être conservés. Et puis, le vrai débat sur le rôle futur des offices n’a pas eu lieu, ce qui rend difficile les prises de position.

En attendant, la réforme aura bel et bien lieu et demain, ces bons vieux outils pourraient être regrettés. Quelle sera l’efficacité des interprofessions sur lesquelles on fonde tant d’espoir aujourd’hui, si elles n’ont plus des vis-à-vis publics puissants pour apporter une analyse des marchés, une capacité d’intervention et un outil de promotion ? Car le plus ennuyeux n’est pas tant la réforme elle-même que les considérations budgétaires qui la sous-tendent.