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Bilan 2003, une année en demi-teinte pour les entreprises agroalimentaires

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Le numéro du mois de juillet d’Agreste fait le bilan de l’activité des entreprises du secteur agroalimentaire en 2003. Alors que les années précédentes, elle avait réussi à tirer son épingle du jeu dans un contexte industriel plutôt défavorable en France, en 2003, l’industrie alimentaire a été rattrapée par la crise. Le rapport titre : L’atonie de la demande pèse sur l’activité.

L’enquête annuelle sur les entreprises agroalimentaires publiée au mois de juillet par Agreste caractérise l’année 2003 comme une année en « demi-teinte ». De fait, les performances des entreprises du secteur sont mitigées.

Globalement, les entreprises agroalimentaires ont vu leur chiffre grimper d’un petit 1,1 %, mais les autres industries, souligne l’étude, ont vu ce chiffre baisser de 0,9 %. L’agroalimentaire tire son épingle du jeu dans un contexte peu brillant. Pour autant l’heure n’est pas à la réjouissance : 2003 sonne (provisoirement ?) le glas de trois années de croissance des ventes de produits agroalimentaires français en France et à l’exportation. Les facteurs qui expliquent cet arrêt sont multiples. Premier en cause, la consommation des ménages, qui s’essouffle. A l’extérieur, l’appréciation de l’euro et la concurrence, surtout dans des secteurs comme les vins et la volaille, défavorisent l’offre française. Les deux facteurs ayant le plus influencé les résultats des entreprises en 2003 sont la canicule, avec des effets variés selon les secteurs, et la baisse du dollar, et ses répercussions sur les exportations.

L’industrie de la viande davantage touchée

Certaines industries s’en sortent mieux que d’autres. L’industrie de la viande se trouve parmi les bien moins loties. Son chiffre d’affaires perd 0,2 % et son résultat courant, structurellement faible, se détériore à nouveau en 2003. La crise qui affecte la filière avicole entraîne une deuxième année de baisse des volumes de vente des entreprises d’abattages et de découpe des volailles, pendant que les exportations continuent de baisser. Les ventes directes à l’étranger des entreprises de découpe ont connu un sévère revers : après une augmentation de 11 % en 2002, leurs ventes reculent en 2003 de 3 %.

Sévèrement touchées, les entreprises de fabrication d’aliments pour animaux ont vu leurs résultats perdre un peu plus de 4 % en 2003. La nutrition du bétail a été la plus sévèrement atteinte, même si la sécheresse estivale et le manque de fourrage consécutif ont permis un raffermissement du marché.

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+ 7 % pour les ventes d’eau

Le chiffre d’affaires total de l’industrie des boissons grimpe de 3 %. La canicule a eu des effets positifs sur le secteur des eaux et boissons rafraîchissantes. Elle leur a permis d’obtenir des chiffres plus que satisfaisants dans une année médiocre pour les autres. Les ventes d’eau ont progressé de 7 %, et celles des boissons rafraîchissantes de 10 %. Malheureusement, les ventes de vins et spiritueux n’ont pas suivi. La concurrence, exacerbée par la baisse du dollar, a empêché les ventes de décoller, sauf pour les grandes maisons de champagne, qui ont réalisé une bonne année en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

L’industrie des corps gras a vu ses ventes reculer de 1,1 %. Le cours des matières premières comme le tournesol, par exemple, a connu un retour à la normale après de fortes hausses en 2002. Les produits amylacés ont été freinés dans leur progression par la hausse de l’euro.

En fruits et légumes, la revalorisation des prix en 2003 a donné lieu à une croissance des ventes de 2 %. Les résultats se sont améliorés dans plus de la moitié des entreprises de ce secteur.

Investissements en repli

Point inquiétant, et preuve que l’optimisme est loin d’être de mise, les investissements dans l’ensemble du secteur agroalimentaire ont accusé un repli de 4 % cette année par rapport à l’année précédente. Tous les grands secteurs sont concernés, à l’exception de l’industrie laitière et de celle des fruits et légumes transformés. En 2003, l’augmentation de l’emploi salarié des IAA a stoppé net, après 7 ans de hausse continue. Plus de 55 % des entreprises n’ont pas vu leur effectif progresser, et le recours à l’intérim s’est accru. Désormais, il représente 10 % de l’emploi salarié de l’industrie agroalimentaire.