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Traçabilité 2005 : un tournant qui inquiète certains producteurs

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A l’occasion de l’inauguration du laboratoire toulousain Lara Europe Analyses, le 30 septembre, différents acteurs agricoles se sont exprimés, lors d’un colloque intitulé « Traçabilité 2005 : bien comprendre pour mieux s’y préparer ». A partir de 2005, de nouvelles règles plus drastiques viendront s’ajouter aux anciennes. Une nécessité qui rend sceptiques les agriculteurs quant aux impacts bénéfiques ou contraignants sur leurs productions.

Le 1er janvier 2005, de nouvelles règles régissant les chaînes d’approvisionnement agroalimentaires seront instaurées. L’article 18 du règlement européen n°178/2002, impose que « la traçabilité des denrées alimentaires, des aliments pour animaux, des animaux producteurs de denrées alimentaires et de toute autre substance destinée à être incorporée dans des denrées alimentaires devra être établie à toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution ». Tous les acteurs du secteur alimentaire devront être en mesure d’identifier leurs fournisseurs et leurs clients, et disposer de systèmes permettant de mettre ces informations à la disposition des autorités compétentes.

Des contraintes et des opportunités pour le monde agricole

Pour Bernard Cazals, exploitant agricole et président de la coopérative Unicor, « les agriculteurs vivent mal cette obligation de traçabilité, car nous sommes obligés d’écrire ce que nous faisions déjà ». « Ils perçoivent cela comme une ingérence de la société dans leurs métiers », ajoute-t-il. Regis Serres, agriculteur dans le Lot et président de Audecoop, voit, lui, cette obligation de façon plutôt positive. « Nous apportons des solutions techniques qui créent une valeur ajoutée à notre travail, de façon à redorer auprès du grand public notre image un peu ternie ».

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Le directeur d’AviGers, Pierre Buffo, est, certes, d’accord avec cette analyse, mais craint que la généralisation de la traçabilité à tous les produits « dévalorise les produits labels rouges », qui avaient été précurseurs en la matière. Mais beaucoup d’agriculteurs ont peur de voir leur exploitation disparaître, faute de pouvoir s’adapter aux nouvelles réglementations. Bernard Pupin, président de Maïs Sud-Ouest et directeur général adjoint de coopérative Gascogne, semble partager ce sentiment. « Aujourd’hui, l’équipement informatique des agriculteurs est lent et il est fort probable que cela soit le cas en matière de traçabilité». Mais les agriculteurs, à partir du 1er janvier, n’auront pas le choix. « La frange des paysans qui a du mal à se mettre aux nouvelles technologies sera peut-être celle qui risquera de disparaître la première », déplore Bernard Cazals.