2009 devrait être l’année de lancement d’un « identifiant » distinguant les fruits produits dans des conditions respectant les critères sociaux et écologiques, a indiqué le 6 janvier Bruno Dupont, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF).
S’exprimant à trois semaines du congrès de la FNPF qui se tiendra le 28 janvier à Paris, son président Bruno Dupont a annoncé le lancement d’un signe de reconnaissance pour distinguer les fruits qui ont été produits dans des conditions respectant les critères sociaux et écologiques. L’objectif est d’éviter les distorsions de concurrence avec les fruits provenant de pays à bas salaires et avec des contraintes écologiques plus laxistes, notamment dans le domaine phytosanitaire.
L’idée d’un identifiant reconnaissant les efforts sociaux et écologiques des producteurs avait germé au dernier congrès de la FNPF en janvier 2008 à Nancy, mais désormais le projet entre dans sa phase d’application. Une expérimentation sera menée par la FNPF cette année sur un fruit à noyau (été) et sur un fruit à pépins (automne). Il sera d’autant plus facile d’introduire ce genre de normes privées que Bruxelles démantèle le système de normes administratives jusque là en place, note aussi la FNPF.
D’abord la proximité
Le point central de cette reconnaissance, qui prendra sans doute la forme d’un logo, est la proximité des produits, selon l’adage « Fruits de saison, fruits de raison », a résumé le président de la FNPF. L’esprit qui doit animer cette reconnaissance est plus large que la seule distinction des produits français. Il s’agit certes de pérenniser les filières françaises, car elles s’imposent des contraintes sociales et environnementales qui risqueraient de les desservir, mais ces critères peuvent être adoptés par des producteurs d’autres pays. Ainsi, une pomme belge aurait davantage sa place sur le marché de Lille qu’une pomme en provenance de région Rhône-Alpes.
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Ce concept s’apparente à un « commerce équitable Nord-Nord ». Il ne « veut pas forcément dire que les fruits seront plus chers », selon Bruno Dupont. En effet, il s’accompagnera logiquement de moins de transports, moins d’emballages, moins de conservation en frigos, autant de postes coûteux qui devront être allégés.
La FNPF suit de près les travaux de l’interprofession Interfel, qui cherche à développer les nouveaux modes de commercialisation de proximité, comme certains magasins spécialisés dans la vente de fruits mûrs à point assortie de conseil, ou comme la distribution par triporteurs dans les centres-ville. Ou comme la distribution de fruits dans les écoles ou encore la possibilité pour les consommateurs de payer des fruits avec des chèques-déjeuner.