Abonné

Produits laitiers 2010 s’ouvre sur un assainissement du marché

- - 5 min

Les indicateurs tant sur le marché national que sur les marchés mondiaux confirment l’assainissement perceptible au dernier trimestre de 2009, permettant une remontée du prix du lait payé à la ferme dans la plupart des pays européens. Du coup, les interprofessions régionales ont réussi à fixer les grilles de prix pour ce début 2010, à un niveau d’ailleurs rarement supérieur à 300 euros la tonne. Le ministère de l’Alimentation et de l’agriculture, de son côté, décide de continuer d’exonérer les petits producteurs des pénalités pour dépassement de quotas.

Les interprofessions laitières régionales (Criel) ont calculé le prix du lait pour le premier trimestre 2010, en s’appuyant sur les indicateurs définis par l’interprofession nationale (Cniel) en décembre 2009. Le prix de base ne franchira que rarement la barre des 300 euros pour 1000 litres, selon la France Agricole qui a recensé le prix des différentes régions. Les montants allant de 308,68 euros pour janvier en Nord-Picardie à 265 euros pour mars en Basse-Normandie concernent uniquement les entreprises dont la part des produits industriels reste inférieure à 20% du mix-produit. Pour les autres, il faut encore déduire la flexibilité qui ne devrait pas s’élever à plus de 4,41 euros pour 1000 litres.
Bruno Le Maire, ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, en concertation avec les familles professionnelles, a fait le point sur la situation des marchés laitiers. L’amélioration des marchés constatée au cours des dernières semaines se stabilise.
Conformément à l’avis du Conseil Spécialisé filières laitières de FranceAgriMer du 10 décembre, Bruno Le Maire a décidé de tenir compte des situations spécifiques de certains producteurs et de renforcer la mesure déjà annoncée le 4 novembre dernier. Ainsi, les producteurs dont le quota individuel est inférieur à 160 000 litres, seront exonérés de la taxe fiscale pour dépassement de quota individuel dans la limite de 10 000 litres, et selon les mêmes modalités que pour la campagne passée. Le ministre avait annoncé cette mesure de gestion pour les producteurs dont le quota individuel est inférieur à 140 000 litres, dans un communiqué du 4 novembre dernier.

La flambée des cours mondiaux se calme
Après une période de forte hausse (+ 1 500 à 2 000 USD/tonne) durant les mois de septembre et d’octobre, les cours mondiaux tendent à se stabiliser depuis la mi-novembre 2009 à des niveaux élevés, observe le Cniel dans sa dernière note de conjoncture. Les dernières enchères de Fonterra, début janvier 2010, montrent toutefois un léger recul du prix de la poudre de lait écrémé, clôturant ainsi une période de hausse continue depuis le mois d’août 2009.
Sur les 10 premiers mois de 2009, la production laitière diminue légèrement en Europe, aux Etats-Unis et en Australie. Elle est en faible progression en Nouvelle-Zélande depuis le début de la nouvelle campagne 2009-10. Les exportations des pays de l’hémisphère Sud (Nouvelle-Zélande, Australie et Argentine) sont en net développement sur les 9 premiers mois de l’année 2009, et ceci pour toutes les familles de produits laitiers. Cette progression doit être néanmoins relativisée par les niveaux d’exportation anormalement bas de ces différents pays en 2008. La demande s’est certes fortement raffermie au cours des derniers mois en Chine, mais elle reste peu soutenue dans plusieurs grands pays importateurs (Russie, Etats-Unis, Japon).
Les exportations communautaires présentent une évolution disparate selon les produits : tendance baissière pour les fromages et les poudres de lait, développement marqué pour le beurre et le lactosérum. La présence américaine sur le marché mondial s’est quant à elle considérablement réduite depuis le début de l’année 2009, après une phase importante de développement entre 2003 et 2008.

L’écart de prix s’inverse entre France et Allemagne
Depuis l’été, le prix du lait à la ferme tend à se redresser dans la plupart des pays européens. La collecte européenne est en légère diminution (-0,2%) sur les 10 premiers mois de l’année 2009. Elle ne devrait pas se redresser d’ici la fin de la campagne 2009-10, estiment les conjoncturistes de l’interprofession française.
Les prix au stade de détail ont augmenté au mois de novembre sur le marché allemand pour le lait, le beurre et les produits frais, mais ces progressions ne concernent pas les fromages. Au cours du mois de novembre, le prix du lait à la ferme s’avère légèrement plus élevé en Allemagne qu’en France. C’est la seconde fois seulement depuis le début de l’année 2009. En moyenne sur l’ensemble de l’année, le prix du lait allemand sera certainement inférieur d’environ 30 €/1000 litres par rapport au prix du lait français.

Sous-réalisation de plus de 8 % en France
En net recul sur les 11 premiers mois de 2009 (-4,6%), la production laitière française continue de baisser au mois de décembre, mais selon un rythme plus mesuré (-1,8% sur les 4 premières semaines). Le recul sur l’année complète 2009 devrait avoisiner 4,4%, tandis que la baisse sur les 9 premiers mois de la campagne 2009-2010 atteindrait 2,6%. Après une sous-réalisation de 4,8% lors de la campagne 2008- 2009, l’exercice actuel pourrait donc se solder par une sous-réalisation voisine de 8 à 9%, estime le Cniel.
Les exportations françaises de produits laitiers sont en baisse sur les 10 premiers mois de l’année. Ce recul concerne notamment le lait conditionné (-19%) et les fromages (-4%). En parallèle, les importations de ces deux familles de produits se sont accrues de respectivement 38% et 12%.
Les ventes au stade de détail progressent en volume pour quelques produits (crème et fromages notamment), mais les prix restent globalement orientés à la baisse.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre