Abonné

Bilan 2011 : une année morose pour les légumes en conserve et surgelés

- - 4 min

La consommation de légumes en conserve a diminué de 1% en France en 2011 par rapport à 2010. Pour les légumes surgelés, la baisse de la consommation est encore plus significative : -6% en un an.

L’année 2011 n’a pas été terrible en consommation pour les légumes en conserve et surgelés », a commenté le 21 juin, Jean-Bernard Bonduelle, le président d’Unilet, l’interprofession des légumes en conserve et surgelés, à l’occasion de son assemblée générale, à Paris. -1% pour les légumes en conserve et -6% pour les surgelés : « 2011 fut une année morose », a-t-il résumé. Et ce résultat maussade n’a pas pour autant bénéficié aux légumes frais qui enregistrent aussi une baisse de leur consommation de 2%. En clair, les légumes n’ont pas eu la côte l’année dernière : « la consommation de légumes à domicile a reculé en raison notamment de la crise et d’un déplacement de la consommation vers les féculents ». En revanche, la consommation sur un lieu de restauration collective ou commerciale a progressé pour les légumes en conserve et pour ceux surgelés sans toutefois compenser le recul enregistré pour la consommation à domicile, note l’interprofession. Pour 2012, « les premiers chiffres ne sont pas très rassurants, toujours en matière de consommation. Ce qui implique forcément des tensions sur les prix », a précisé le président Bonduelle.

Des rendements records pour les récoltes
En 2011, les rendements ont en revanche progressé pour la plupart des légumes, jusqu’à atteindre des niveaux records pour certains d’entre eux comme la carotte, la betterave et le navet, a observé Delphine Pierron spécialiste de l’analyse agricole France pour Cenaldi - l’AOP nationale des légumes à destinations industrielles. Les surfaces cultivées dédiées sont en revanche en net recul : c’est le cas notamment des flageolets (-18%). Les fabrications de légumes en conserve en 2011 sont en croissance de 12 % par rapport à 2010, a noté Marion Besnard en charge de l’analyse industrielle France à la Fédération des industries d’aliments conservés (Fiac), mais elles restent cependant en retrait de 18% par rapport à la moyenne 2006-2010. En 2011, les exportations de légumes surgelés ont augmenté plus fortement (+12%) que les importations (+5%). Le solde en volume demeure déficitaire de plus de 200000 tonnes.

La France, premier producteur de légumes en conserve
4 600 exploitations produisent des légumes destinés à être transformés – ce qui représente 1% des exploitations françaises, réparties dans trois grandes régions (le nord Picardie, la région sud ouest, et Bretagne/Pays de la Loire). Cinq départements regroupent à eux seuls 65% des surfaces et deux légumes font figure deux poids lourds dans ce domaine : les pois (39% des surfaces) et les haricots (42% des surfaces). Les usines de transformation emploient 13000 salariés. La France est le premier producteur de légumes en conserve (ce qui correspond au niveau européen à un tiers des produits fabriqués). Les fabrications totales de 2011, avec 964 000 tonnes, sont en progression de 12% par rapport à l’année précédente, sans toutefois retrouver la moyenne des années 2006/2010 qui est de 18% supérieure. Les volumes exportés ont progressé significativement et avec une valeur de 443 ,5 millions d’euros sont nette nettement supérieures aux importations avec 322,3 millions.
La France qui est le 4ème producteur sur le marché des surgelés a enregistré une fabrication totale de 447 000 tonnes, en très forte hausse sur 2011 (392 000 tonnes), retrouvant un volume conforme à la moyenne historique. A l’inverse des conserves, le solde des échanges est défavorable à la France, avec des importations de 358,6 millions d’euros, en hausse de 5%, pour des exportations de seulement 203,2 millions, malgré une progression de 12% pour celles-ci sur un an.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.