Le débat est lancé. Encore une fois, le soutien européen à ses agriculteurs se retrouve en jeu. En présentant son programme pour la présidence de l’UE, Tony Blair s’est situé dans le droit fil de sa position au sommet européen des 16 et 17 juin. La Commission européenne a beau jeter des cris d’orfraie et vouloir protéger la Pac : lorsque l’on observe ses grandes options pour le règlement sucre, on constate qu’elle aussi fait le pari d’une Europe agricole très ouverte sur le monde, acceptant sans mollir le principe du déficit alimentaire. La précédente Commission n’avait-elle pas fait de même pour l’approvisionnement en protéines ? L’aptitude de Tony Blair à se trouver des alliés chez des pays européens, voire dans les opinions publiques comme celle de la France ne doit pas non plus être sous-estimée.
Qu’il réussisse ou non à prôner des révisions majeures, une chose est sûre : cette révision aura lieu au plus tard en 2013, date de la fin du pacte budgétaire. D’ici-là, les esprits auront évolué ; la France et l’Europe citadines ne se seront sans doute pas plus sensibles qu’aujourd’hui au problème agricole ; les pays émergents comme le Brésil ou autres Thaïlande auront sans doute fait quelques émules…
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De fait, bien audacieux est l’agriculteur qui espère compter sur le moindre soutien public au-delà de 2013. Or, 2013, c’est dans sept ans et demi. C’est-à-dire demain, tant pour le jeune qui s’installe que pour l’agriculteur de 45 ans voire celui de 55 ans qui voudra céder son exploitation à bon prix. Il n’est que temps de mettre en place les outils privés pour y faire face, s’associer, relancer des filières, des réseaux, créer des interprofessions. Être capable, en somme de lutter avec le concurrent brésilien quoiqu’il advienne.