Après le décès de son fondateur, Jacques Dikansky, en 2012, Naturex a connu une année de transition. Son actionnariat a changé (1) et sa gouvernance évolué. Si ses restent bons, la croissance a diminué, passant sous la barre des deux chiffres, et la rentabilité s'est tassée. « L'année s'est bien passée, c'est une année de transition. Nous avons connu une jolie croissance amputée par l'effet devise », a toutefois jugé Thierry Lambert, p.-d.g. de Naturex, lors d'une réunion d'analystes le 2 avril 2014.
Les divisions santé, extraction à façon et cosmétique sont restées très dynamiques, avec une croissance supérieure à 24 %, mais la division food & beverage, qui pèse près de 60 % des ventes, est restée quasi-stable (+ 0,4 %). L'activité a même décliné en Europe, notamment sur les couleurs. « Le contexte économique est morose et nous avons arrêté la production de certains produits, comme les poudres de tomates et de carottes, pour nous orienter vers des produits à plus forte valeur ajoutée », a expliqué Maxime Angelucci, directeur des opérations. Au global, le chiffre d'affaires, à 320,8 millions d'euros, a progressé de 9,7 % à devises constantes (7 % en données publiées). Les effets de change ont pesé sur la compétitivité de Naturex, qui exporte beaucoup depuis l'Europe et les Etats-Unis. Le groupe souligne toutefois la forte croissance aux Etats-Unis (+ 50 %), la bonne intégration de la société Valentine en Inde (des investissements y sont prévus pour développer le marché du babyfood) et la forte dynamique en Asie (+ 35 %).
La marge opérationnelle courante recule d'un point, de 12 % à 11 % (pour une marge opérationnelle de 10,7 %). Il faut noter que le groupe a significativement accru ses charges de personnel pour se structurer, en créant notamment un échelon d'encadrement intermédiaire. Une cinquantaine de postes a été créée pour un coût de 5,7 millions d'euros en année pleine (4,2 millions d'euros sur 2013). « L'organisation interne n'avait pas bougé depuis l'époque où nous réalisions 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, elle devait être modernisée », a justifié Thierry Lambert. Naturex avait aussi profité, en 2012, de 6,1 millions d'euros de primes d'assurance en lien avec le décès de Jacques Dikansky.
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(1) SGD / Finasucre : 21,38 % (et 28,42 % des droits de vote) ; Caravelle: 15,15 % ; public : 63,38 % ; auto-détention : 0,09 %
Le résultat net, à 16,8 millions d'euros, recule de 26,7 %, du fait notamment d'une hausse du taux d'impôt après une année 2012 où il s'était avéré exceptionnellement bas.
Pour 2014, le groupe ne donne pas de prévisions chiffrées. Il prévoit une amélioration de sa marge sur le second semestre. Naturex reste à l'affût d'opérations de croissance externe ciblée. Dans un secteur où les opérations se négocient de 9 à 15 fois l'Ebitda, le groupe annonce qu'il procéderait à une augmentation de capital s'il devait financer une acquisition importante.