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Transformation 2014, chantier d'amélioration des métiers agroalimentaires

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En 2014, le gouvernement engagera un chantier d'amélioration de la qualité de vie des travailleurs dans les métiers de l'agroalimentaire, a déclaré Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire, le 23 janvier aux Entretiens d'Athènes, organisés par Saf-Agriculteurs de France. Le but est d'accroître l'attractivité de ces métiers de la transformation, en mal de recrutement.

«E N 2014, nous engagerons un chantier pour améliorer la qualité de vie des travailleurs dans les métiers de l'agroalimentaire », a déclaré Guillaume Garot, aux Entretiens d'Athènes, débat annuel organisé par Saf-Agriculteurs de France, la Société des Agriculteurs de France, think-tank du monde agricole. « Il faut que l'on puisse améliorer le quotidien des travailleurs de ce secteur » : non seulement faire reculer les nuisances tels les troubles musculosquelettiques (TMS), mais aussi améliorer les relations entre les salariés et leur direction. « J'ai réuni un comité de pilotage sur la qualité de vie au travail dans l'agroalimentaire », a-t-il précisé. « Il faut, j'insiste, plus d'attractivité pour le travail dans la transformation. Il faut opérer cette mutation, que le secteur du bâtiment a mené à bien ». Ce secteur a entrepris une réforme, prenant à bras le corps les problèmes de conditions de travail.

Après l'allocution du ministre délégué à l'Agroalimentaire, des intervenants ont été invités à témoigner de leurs réalisations, avec succès, de mise en valeur de leurs petites entreprises, dans le domaine de l'agroalimentaire de terroir. Une Française issue du Gers, Ariane Daguin, a constitué sa société de distribution de charcuteries, viandes de volailles, foie gras, gibier à New-York, après avoir été salariée de la seule charcuterie de la ville, « Les trois petits cochons ». Elle a passé des accords d'approvisionnement avec des agriculteurs et des groupements de producteurs locaux, pour fourniture de foie gras, canards, volailles bio, lapins, cailles, bison et autres gibiers. Les cahiers des charges sont rigoureux : pas d'hormones ni d'antibiotiques dans les élevages. « Je m'adapte au goût local », a-t-elle ajouté. Elle se met à la portée du consommateur : « Il ne faut pas faire les choses à moitié, a-t-elle commenté avec son accent gersois, nous avons mis le paquet : dans le bloc de foie gras, nous avons mis des truffes, du jus de truffes et du Sauterne ». Cette adaptation au consommateur n'empêche pas de lui former le goût. « Le marché du foie gras était inexistant quand je suis arrivée à New-York en 1985 ».

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Faire partager au consommateur l'amour des produits

Un autre témoignage a été celui de Cyril Lorho, fromager affineur, meilleur ouvrier de France en 2007. Parti de sa Bretagne natale en 1990, devenu commis chez un fromager dans le 14e arrondissement de Paris, il a été conquis par les produits. Il a racheté quelques années après une fromagerie dans un petit village près de Saint Dié en Lorraine. Il affine des fromages dans deux salles de 500 mètres carrés chacune. Au début des années 2000, il a ouvert un bureau à Berlin. « Nous vendons aux Allemands de grands fromages : comté, roquefort, camembert. Ils découvrent ». « Je ne fabrique pas, je suis le trait d'union entre le producteur et le consommateur. Je suis au contact avec le client », a-t-il précisé. Le marché de niche sur lequel il est placé lui suffit pour développer son réseau commercial : « 90% des gens mangent seulement pour se nourrir. 10% seulement aiment la gastronomie. Ça ne m'empêche pas d'avoir une croissance à deux chiffres », a-t-il conclu.