Alors que les arrêtés préfectoraux permettant de débuter les travaux de l'aéroport controversé de Notre-Dame-des-Landes ont été publiés, les opposants restent mobilisés. Ils s'apprêtent à déposer des recours et préparent une manifestation le 22 février à Nantes. Christian Troadec, leader des Bonnets rouges, appelle à y participer.
LA construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes (Loire-Atlantique) débutera t-elle en 2014 ? C'est en tout cas ce qu'espère le gouvernement : « Après une étape de dialogue qui a duré ces derniers mois, pendant laquelle l'utilité du projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été plutôt confirmée, confortée, il est temps en effet de passer aux travaux préalables avant la réalisation du projet », a assuré la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, dimanche 22 décembre sur i-Télé. La veille, quatre arrêtés préfectoraux sur l'eau et la biodiversité avaient été publiés, permettant de débuter les travaux.
Vers des recours contre les arrêtés préfectorauxMais ce projet, initié par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lorsqu'il était maire de Nantes, est devenu pour ses détracteurs un symbole du gaspillage de foncier agricole, d'argent public, et de la construction de « grands projets inutiles » pour les citoyens. Les opposants au projet ne devraient pas tarder à déposer des recours contre les arrêtés préfectoraux, notamment concernant la loi sur l'eau et la destruction d'espèces protégées.
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« On va enfin pouvoir parler de la question de fond, à savoir : est-ce que (le projet) est compatible avec la loi sur l'eau ? » s'est réjouie Françoise Verchère, conseillère générale de Loire-Atlantique (Parti de gauche) interrogée par l'AFP. Le site de Notre-Dame-des-Landes est à « 98% une zone humide », a-t-elle expliquée. Plus de 200 personnes occupent toujours la zone d'aménagement différée (ZAD), rebaptisée « zone à défendre ».
Les bonnets rouges s'en mêlentDimanche 22 décembre, les opposants au projet ont reçu le soutien de Christian Troadec, leader des « Bonnets rouges ». Il a appelé à la « mobilisation générale » contre le projet controversé, en se joignant à la prochaine grande manifestation prévue contre le projet, le 22 février à Nantes. Selon lui, « les marins, les paysans, les ouvriers de l'agroalimentaire durement frappés par les licenciements, les petits entrepreneurs, commerçants, artisans, l'ensemble des citoyens (...) » doivent se mobiliser contre le projet qu'il juge « démesuré » et « inutile » et à prendre part à ce qui, selon lui, « aura toutes les chances d'être l'une des plus grandes manifestations de l'histoire de la Bretagne ». Mais le collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne », à l'origine du mouvement des Bonnets rouges, a pris ses distances avec cet appel, expliquant que « dans ses prérogatives, il n'a pas à se positionner sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes », son leitmotiv étant « le maintien de l'emploi et du travail productif en Bretagne ».