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Produits laitiers 2017, un exercice très rentable pour Danone grâce à WhiteWave

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L’année 2017, marquée par l’intégration de l’américain WhiteWave et le lancement du plan d’économie Protein, se termine sur une note globalement positive. Les ventes ont progressé en valeur surtout en nutrition spécialisée et dans les eaux, et la rentabilité s’est accrue en dépit d’une volatilité toujours présente et d’une augmentation des matières premières.

Emmanuel Faber, le p.-d.g. de Danone, s’est montré satisfait des résultats 2017 qu’il présentait officiellement le 16 février, mettant en avant « la force de notre portefeuille, la solidité de notre modèle ainsi que notre bonne capacité d’exécution ». Les éléments clés de cette année 2017 consistent en un chiffre d’affaires net de 24,7 milliards d’euros, en hausse de 2,5% à données comparables (+12,5 % en publiés), une marge opérationnelle courante en progression de 70 points de base à 14,36% et un free cash flow de 2,1 milliards d’euros, en hausse de 18,4%, qui intègre notamment les dommages et intérêts perçus dans le cadre de l’affaire Fonterra (105 millions d’euros). Le bénéfice net par action (BNPA) courant est quant à lui en hausse de 12,6% à 3,49 euros, en ligne avec l'objectif annuel. Le contexte mondial n’est pourtant pas favorable avec une forte volatilité des marchés et une hausse des matières premières. « Nous avons versé 20 millions d’euros supplémentaires aux éleveurs laitiers depuis ces 18 derniers mois », a ainsi souligné Emmanuel Faber.

Danone profite du dynamisme du reste du monde

Le chiffre d’affaires progresse globalement, mais de façon différenciée selon les zones géographiques et les familles de produits. Les ventes reculent ainsi en Europe et en Amérique du nord, tandis qu’elles progressent fortement (+7,1%) dans la zone « reste du monde ». Les produits laitiers et d’origine végétale sont en recul sur tous les marchés, mais les ventes sont en hausse pour la nutrition spécialisée (+9,3%) et pour les eaux (+4,7). Quels que soient les produits, la tendance à la valorisation est une constante sur l’ensemble des marchés. « En Europe, il n’y a pas d’évolution vers les commodités, mais clairement vers la valorisation qui nous sert de ligne de conduite pour nos innovations. Par exemple, des nouveautés telle qu’Activia sans lactose ou la variante gourmande Activia full fat marchent très bien », a expliqué Emmanuel Faber, qui s’est montré lucide sur la stagnation des volumes, notamment en France, qui oblige à aller vers plus de valorisation.

Pour expliquer « cette très forte performance », selon Emmanuel Faber, Danone cite la bonne intégration de l’américain WhiteWave, positionné sur les produits biologiques. WhiteWave a permis de réaliser plus de 50 millions de dollars de synergies de coûts de marge opérationnelle courante au cours de l’année, notamment par le regroupement des sièges, la fusion des forces de vente et la mutualisation du back office.

Au niveau du bilan, la dette nette de Danone s’est élevée à 15,372 milliards d’euros au 31 décembre 2017. Elle a augmenté de 7,9 milliards d’euros sur un an, principalement en raison de l’acquisition de WhiteWave en avril 2017.

Croissance à deux chiffre du BNPA en 2018

Pour 2018, Danone poursuivra les synergies avec WhiteWave et s’attend à bénéficier des premières retombées financières de son plan d’économies Protein (un milliard d’euros d’ici 2020). L’entreprise prendra en compte la volatilité des marchés (considérée désormais comme une constante) et s’attend à une hausse des matières premières (alimentaire et emballage) d’environ 5%, dont 1 à 5% pour le lait. « Danone vise une croissance à deux chiffres de son BNPA courant à taux de change constat pour 2018, hors effet de la transaction Yakult », prévoit l’entreprise. La vente d’une partie de sa participation dans le capital du japonais Yakult (de 21 à 7%), annoncée le 14 février, devrait rapporter un milliard d’euros, qui sera consacré au désendettement (Agra Alimentation du 15 février 2018). Danone prévoit aussi que ses produits laitiers et végétaux, en recul en volume et en valeur en 2017, commencent à générer une croissance positive au cours de l’année 2018.

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Dans le sillage de l'acquisition de WhiteWave, Danone va donner encore plus d'ampleur à sa politique RSE. L'entreprise s’est ainsi fixé pour but d’obtenir la certification B Corp pour l’ensemble de ses entités, mais sans préciser d’échéance. Déjà 5 entités ont obtenu cette certification (Danone Espagne, Danone Royaume-Uni, Danone Eaux Argentine, le français Les 2 vaches et l’américain Happy Family) et il est prévu que Danone Wave l’obtienne en 2018. Une fois l’entité américaine certifiée, Danone sera en mesure de donner une échéance pour la certification du groupe dans son ensemble.

Danone veut également faire de la performance sociétal un levier en termes de finances : « Nous avons souscrit un prêt de 2 milliards d’euros dont le taux d’intérêt est déterminé par le rythme d’obtention de la certification B Corp par les entités de Danone », a expliqué Emmanuel Faber.

Du bio pour toutes les marques de Danone France

En France, Danone va mettre plus fortement m'accent sur les produits biologiques. "Dès 2018, ce sont 6 marques emblématiques de Danone en France qui proposeront des gammes bio : « Les Récoltes Bio » et Blédilait Croissance Bio de Blédina, Volvic Juicy Kids, la première boisson bio pour enfants 50 % moins sucrée que la moyenne du marché, Volvic Infusion Bio, evian Fruits & Plantes et evian Infused x Kusmi, « Le Bio de Danone » et Danonino dans l’ultra-frais ainsi qu’une nouvelle référence pour Alpro dans le domaine des boissons végétales" a annoncé l'entreprise le 21 février. "Aujourd’hui, Blédina lance « Les Récoltes Bio de Blédina », une nouvelle gamme bio pour les bébés. Distribuée en GMS et via Amazon, cette gamme bio, 100% cuisinée en France, regroupera à terme 44 références".

Le groupe veut aussi avoir une action sur le mode de production agricole en se fixant pour but que, d'ici 2025, 100 % des produits cultivés en France soient issus d’une "agriculture régénératrice". Un modèle, dont "le cahier des charges est en cours de définition avec différentes ONG" précise le groupe. "Danone s’engage avec cette opération à consacrer une journée du chiffre d’affaires de Danone en France – soit environ 5 millions d’euros – au financement de projets en faveur de l’agriculture régénératrice", indique l'entreprise.

1,3 M€ dans l'agriculture durable au Brésil

Le fonds Livelihoods pour l’agriculture familiale a investi 1,3 M€ dans un projet visant à promouvoir des pratiques agricoles sans produit chimique pour préserver le bassin versant de Rio de Janeiro. « Le fonds Livelihoods a co-construit le projet et porte le risque d’investissement en préfinançant la mise en œuvre et le suivi. Bonafont (marque d’eau de source de Danone, NDLR) rémunérera le Fonds Livelihoods en fonction du nombre d’hectares préservés pour s’assurer que le projet génère des résultats concrets. Le Sebrae (agence brésilienne de développement des PME) cofinance le projet et assure sa mise en œuvre sur le terrain », explique le fonds dans un communiqué diffusé le 20 février. Livelihoods gère actuellement 3 fonds d’investissement à impact (les fonds carbone Livelihoods 1 & 2 et le fonds Livelihoods pour l’agriculture familiale) dans lesquels 12 entreprises ont investi : Crédit Agricole, Danone, Firmenich, Hermès, Groupe Caisse des Dépôts, La Poste, Mars Inc., Michelin, SAP, Schneider Electric, Veolia et Voyageurs du Monde.