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2019, un mauvais cru pour la filière du foie gras

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Les fabricants de foie gras ont enregistré de mauvais résultats lors de la dernière saison festive. La filière des palmipèdes gras demande un aménagement de la loi Egalim pour redresser la situation en 2020.

Les craintes des professionnels de la filière du foie gras, évoquées à quelques jours des fêtes de fin d’année dans Agra Alimentation (18 décembre 2019), se sont confirmées. Selon les données délivrées par l’interprofession des palmipèdes à foie gras (source Iri), les ventes en grandes surfaces ont baissé de 10,2% en volume et de 10% en valeur pendant la période du 11 novembre 2019 au 5 janvier 2020, comparé à la même période de l’année précédente.

Les difficultés étaient pressenties par les professionnels dès la présaison festive, lorsque les ventes ont brusquement chuté : -43,8% en volume et -30,7% en valeur sur la période de 16 septembre au 13 octobre. Les ventes ont continué de reculer entre la mi-octobre et le début novembre.

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Pour expliquer cette contre-performance, qui concerne l’ensemble de l’année 2019 (-8,6% en valeur), l’interprofession, met en cause plusieurs facteurs. D’abord, la limitation des promotions dans le cadre le la loi Egalim, qui s’est traduite par la disparition des mises en avant du produit. « Pour le foie gras, ces promotions de fin d’année peuvent représenter jusqu’à 75% des volumes vendus annuellement », souligne le Cifog, l'interprofession des palmipèdes à foie gras. Or, 70% des ventes se font en fin d’année. Ensuite, il y a eu l’impact des mouvements sociaux de la fin de l’année. Mais les consommateurs ne se détournent pas du produit qu’ils considèrent comme un incontournable des tables de fête. Les deux dernières semaines ont été marquées par un rebond des ventes, mais dans des proportions insuffisantes pour sauver la saison.

Pour redresser la situation, le Cifog réclame depuis plusieurs mois que les « produits relevant d’une forte saisonnalité et/ou issus de production bénéficiant d’une solide indexation des prix à travers des mécanismes de contractualisation producteurs/transformateurs » ne soient pas soumis à la limitation à 25% des volumes vendus sous promotion. Le syndicat se félicite à ce sujet de « l’adoption en première lecture par le Sénat de la proposition visant à assouplir l'encadrement des promotions en grande surface de la loi Alimentation (Égalim) ». Cet assouplissement est demandé avec force par les fabricants actuellement en cours de négociations commerciales annuelles.