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2020, année faste pour le poulet, pas pour les petites volailles

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L’année 2020 se solde sur des ventes de volailles en très léger recul. Les volumes de poulet consommé à domicile sont en forte hausse, tandis que les petites volailles ont beaucoup souffert. La flambée de l’aliment et l’épizootie de grippe aviaire inquiètent la profession.

En 2020, les Français ont un peu moins mangé de volailles qu’en 2019. En volume, les ventes de volailles régressent légèrement avec -0,7 % sur l’année, à cause de la forte baisse des ventes aux restaurateurs. Mais les ventes progressent fortement auprès des ménages : +9,3 % sur l’année en volume. Le poulet est sans aucun doute le grand vainqueur sur le podium des volailles préférées des Français en 2020. Ils en ont consommé à la maison bien plus que d’habitude, en raison du télétravail et de la fermeture des restaurants : +12,3 % en volume en 2020 par rapport à 2019. Toutes les présentations progressent : les découpes, les élaborés et charcuteries de volailles, et les poulets entiers. La consommation à domicile progresse aussi fortement pour la dinde (+3,6 %) et le canard (+4,2 %). Mais si on regarde les chiffres globaux (tous circuits confondus), les ventes de canards reculent 17 % et celles de pintades de 11,5 %.

Les petites volailles sont celles qui ont le plus souffert de cette situation, les restaurants étant leur principal débouché. Avec des conséquences sur toute la filière. En 2020, « les productions de canards et pintades ont respectivement diminué de -12,4 % et -12,8 %. Ces deux filières sont aujourd’hui en grande difficulté », souligne Anvol, l’interprofession de la volaille de chair. « La situation est aussi très difficile pour les filières cailles et pigeons » et « certaines filières comme celle des pintades risquent même de disparaître », poursuit Anvol.

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L’alimentation de plus en plus onéreuse

L’alimentation animale est une source d’inquiétude pour la filière. Une véritable flambée des cours s’est produite (+24,2 % en février 2021 par rapport à la même période en 2020, selon l’indice Itavi) à cause de la faiblesse du dollar, d’une demande forte de la Chine, d’une moindre production et de spéculations sur les matières premières. D’après les prévisions de l’Itavi, la situation devrait se poursuivre tout au long du 1er semestre 2021, avec des hausses estimées des différentes matières premières de plus de 20 % par rapport au même semestre de l’année précédente. Dans ces conditions, l’interprofession estime qu’une revalorisation des tarifs auprès des distributeurs est indispensable, au-delà des 6 % obtenus, une hausse jugée « insuffisante ». Quant à l’épizootie de grippe aviaire, elle touche non seulement le canard mais aussi les autres volailles. Ainsi, les volailles françaises ne peuvent plus s’exporter vers certains pays tiers. Une situation qui explique un recul des mises en place de volailles Label Rouge, très présentes dans le Sud-Ouest.