Le Service de remplacement n'est pas toujours très utilisé mais 36 % des jeunes agriculteurs en sont adhérents. Les jeunes éleveurs bovins en sont les premiers utilisateurs. Les femmes connaissent bien aussi le Service de remplacement à cause du congé maternité. Mais il reste tout de même une forme de méfiance des agriculteurs à son égard : il doit s'adapter aux nouvelles formes d'agriculture dans les années à venir.
QUELQUE 36 % des jeunes agriculteurs de 18 à 35 ans sont adhérents au Service de remplacement, et utilisent régulièrement le service. « Ceux qui adhèrent le plus sont les plus âgés de nos jeunes agriculteurs et surtout ceux qui ont des enfants (surtout les femmes) », explique une enquête menée auprès de 1 377 jeunes agriculteurs adhérents au réseau français du Service de remplacement (SR), diffusée en interne en mars 2014. La mission première du SR est de remplacer l'agriculteur par un salarié. Les femmes sont beaucoup plus informées des services que les hommes par le biais de la MSA, notamment à cause du congé maternité: « Près d'une femme jeune agricultrice sur deux est adhérente au Service de remplacement et elles en sont tout autant utilisatrices », précise l'enquête.
Production et Service de remplacement
Les jeunes éleveurs bovins sont majoritairement adhérents au SR (32 % des interrogés en bovins lait et 32 % en bovins viande). Les éleveurs de bovins lait utilisent le SR principalement pour les congés. Par contre, ils sont peu nombreux à se faire remplacer pour mandat syndical ou professionnel. « En effet, il y a une tradition de l'adhésion au SR plus importante dans cette profession (éleveur de bovins lait) car le Service a été originellement créé pour ces professions en particulier », indique l'étude. Les éleveurs de bovins viande et les céréaliers se font aussi remplacer pour un congé, suite à un accident ou pour congé maternité-paternité. Les viticulteurs sont quant à eux moins nombreux à solliciter un remplacement pour un congé mais ils le font plus facilement pour un mandat syndical ou professionnel.
Avenir du Service de remplacement
Le Service de remplacement souffre d'une « méconnaissance certaine », même si « quasiment tous les agriculteurs le connaissent », 88 % des interrogés admettent connaître le Service de remplacement. L'étude révèle que les jeunes agriculteurs travaillant seuls sont proportionnellement bien moins nombreux à utiliser le SR. Par contre, ceux qui sont installés en forme sociétaire hésitent moins à s'absenter. « On peut stipuler qu'il est plus difficile de laisser sa ferme et de s'absenter quand l'agent de remplacement devra être tout seul pour travailler », indique l'étude. De plus, certains jeunes agriculteurs manquent de confiance dans le Service de remplacement qui, selon certains témoignages dans l'enquête, proposerait, à chaque remplacement, une personne différente. Par ailleurs, « avec l'agrandissement des fermes et des compétences des jeunes agriculteurs, le remplacement est de plus en plus difficile à mettre en place ». Le challenge de la structure est désormais de « s'adapter aux changements du métier par une écoute personnalisée des attentes des agriculteurs. »