A l’invitation du président de la République, les représentants de la filière fruits et légumes frais fêtaient, le 6 juillet, le 40ème anniversaire de leur interprofession, Interfel. L’occasion de se féliciter du travail accompli, mais surtout, de se projeter vers les défis à venir.
« Il a fallu de l’audace » pour créer l’interprofession des fruits et légumes frais, déclarait François Hollande le 6 juillet, devant les acteurs d’Interfel qui fêtaient, dans le « Palais de la gastronomie » de l’Elysée, le 40ème anniversaire de leur organisation. Le président attend au moins autant d’audace pour la suite. Il souhaite que les membres de l’interprofession restent « unis et rassemblés » afin de répondre au mieux à leurs « fonctions économique, sociale et culturelle ». Bruno Dupont, président d’Interfel, a également rendu hommage aux fondateurs de l’interprofession, qui ont « cru à l’esprit collectif ». Mais il souhaite surtout se projeter vers l’avenir. « Nos chantiers sont nombreux et les défis qui nous attendent complexes » estime-t-il.
Servir la filière
Bruno Dupont souhaite d’abord continuer à promouvoir la consommation de fruits et légumes frais auprès de « consommateurs-acteurs » devenus très exigeants. Une consommation qui, a rappelé François Hollande avec humour, ne peut être que bénéfique, même sur le plan politique ! « Vous m’avez dit avoir été réélu très facilement à votre mandat » a-t-il dit, s’adressant à Bruno Dupont, « ça prouve que les fruits et légumes ont toutes les vertus ! ».
« Il reste des acteurs à faire rentrer » dans l’interprofession selon Bruno Dupont
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Sur le rayonnement de la production française, le président de l’Interprofession considère que « les échanges internationaux sont indispensables » mais il mise aussi sur « la mise à disposition d’une offre de proximité pour les consommateurs ». « Y compris les plus modestes », rajoute François Hollande. Bruno Dupont souhaite également avancer sur « le collectif » qui lui est cher. Sous sa mandature, les syndicats minoritaires (Coordination Rurale, Confédération Paysanne) ont intégré l’interprofession. « Il reste des acteurs supplémentaires à faire rentrer » selon le président d’Interfel.
« Positiver » les décisions politiques
Un autre défi, et pas des moindres, celui de « positiver » les décisions politiques, qui, selon Bruno Dupont, peuvent « être des contraintes » ou même « pénaliser » la production française, telles que la réglementation franco-française en matière d’usage de produits phytosanitaires ou de coût de main d’œuvre par exemple. L’interprofession, qui défend une filière compétitive, compte sur les pouvoirs publics, pour construire avec elle « des marchés les plus équilibrés possibles, tout en laissant s’exprimer les lois du marchés ».
Après 40 ans, l’ambition reste intacte, et l’expérience a déjà conduit l’interprofession à « positiver » les décisions politiques. La suppression, tant décriée par la filière, de la Taxe fiscale affectée (TFA) qui finançait jusqu’à 2015 le centre technique (CTIFL), semblerait finalement avoir été un mal pour un bien. « Elle a permis de rapprocher Interfel du CTIFL, et c’était nécessaire » confie Bruno Dupont. Les deux entités sont désormais dirigées par le même directeur, Louis Orenga. « Cela va optimiser le fonctionnement d’Interfel et du CTIFL » reconnaît également Jacques Rouchaussé, président du CTIFL. Finalement, la suppression de la TFA a conduit à « une restructuration et un redéploiement des compétences » poursuit-il, affirmant que cette évolution était « nécessaire pour notre filière ».