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Palmipèdes à foie gras 40 M€ en moins en 2017 pour l’aval à cause de l’influenza

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La filière commence à chiffrer l’impact de la nouvelle épidémie d’influenza aviaire : outre les coûts liés à l’abattage, l’aval va subir une perte de chiffre d’affaires de 40 millions d’euros pour l’année 2017, d’après les estimations de l’interprofession.

L’épidémie d’influenza aviaire H5N8, à l’origine de la campagne d’abattage actuellement en cours, est une nouvelle source d’inquiétude pour les professionnels de la filière des palmipèdes à foie gras. Alors qu’ils ont subi en 2016 une baisse de volume de 25 %, à cause d’un virus différent (H5N1), les éleveurs et les transformateurs du Sud-Ouest commencent à chiffrer le coût de cette nouvelle épidémie. « Sur la partie abattage, si on prend l’hypothèse de 1,3 million de canards abattus, le coût serait de 1,6 million d’euros, soit 1,40 euro par canard », précise Michel Fruchet, vice-président du Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras). « Toutefois, on n'en est pas encore là : c’est seulement le 13 janvier qu’on saura si on arrête les abattages à 800 000 animaux, ou bien s’il faut en abattre 500 000 de plus », poursuit-il. Tout dépendra de l’évolution de l’épidémie et de l’efficacité des mesures prises. Car après l’abattage, il faudra entièrement nettoyer les exploitations pour pouvoir accueillir les canetons.

Le dépeuplement, par voie de conséquence, touche aussi l’aval qui devra faire avec moins de canards et de foies gras cette année. « En 2016, nous avions 9 millions de canards en moins, et cette année, ce sera 3 millions en moins », selon Michel Fruchet, à cause des abattages, du vide sanitaire et des nouvelles normes de bio-sécurité qui restreignent les capacités des élevages. L’aval a déjà fait ses comptes : en 2017, ce sont environ 40 millions d’euros de chiffre d’affaires qui manqueront pour les transformateurs. Le Cifog fait aussi remarquer que les accouveurs sont aussi touchés à hauteur de 3 millions d’euros, coût relatif à la destruction des œufs.

La question de l’indemnisation se pose à présent. « La valeur des animaux représente 12 millions d’euros, plus 1,6 million pour l’abattage », calcule Michel Fruchet. L’Etat prendra une partie en charge, qui sera peut-être complétée par d’autres financements. Mais il est encore trop tôt pour le savoir, les discussions n’ayant pas commencé sur ce sujet.

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Pour ce qui est de l’aval, la question se posera aussi. Les indemnités au titre de 2016, soit un total de 60 millions d’euros, n’ont toujours pas été versées. « Nous attendons la réponse de Bruxelles qui doit donner son accord à la proposition française d’indemnisation de l’aval », selon Michel Fruchet. Selon les critères retenus, pour être indemnisée, une entreprise devra avoir subi une baisse de son EBE d’au moins 30 % par rapport à la moyenne des trois années précédentes. Le versement portera sur 50 % de la perte d’EBE, plafonné à 2,5 millions d’euros par entreprise, sachant qu’un groupe ne pourra pas percevoir plus de 5 millions d’euros.

Abattages préventifs

Les abattages de canards décidés par le gouvernement français ont débuté le 5 janvier et doivent se poursuivre jusqu'au 20 janvier. Le but est d'éradiquer le virus H5N8, "hautement pathogène " et bien plus meutrier que celui apparu fin 2015 (H5N1). D'après le dernier arrêté publié au JO du 10 janvier, la zone d'abattage préventif a été étendue pour compter désormais 187 communes du Sud-Ouest. L'épizootie touche huit départements, mais la plupart des foyers infectieux sont concentrés dans le Gers et les Landes, qui sont aussi les deux premiers départements producteurs de canards gras.