Abonné

FNSEA/JA 5 novembre : une mobilisation déjà réussie

- - 5 min

Avant même d'avoir lieu, la mobilisation nationale prévue par la FNSEA et les JA a déjà porté ses fruits. Plusieurs revendications ont reçu des réponses du gouvernement.

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) organisent, le 5 novembre, une mobilisation nationale contre « le malaise des agriculteurs ». Elle prend des formes diverses selon les départements. L'objectif est de porter huit propositions a` l'adresse du gouvernement, décidées en conseil fédéral le 25 septembre.

Mais depuis, le gouvernement a déjà apporté des débuts de réponses à plusieurs d'entre elles. Le 7 octobre, Xavier Beulin et Thomas Diemer, président de la FNSEA et des JA, ont été reçus par Manuel Valls. Un Premier ministre qui « s'est montré à l'écoute, attentif à nos demandes et à notre détermination, qu'il semble comprendre », selon eux. « Le Premier ministre a annoncé la mise en chantier immédiate d'un travail interministériel sur les thématiques de l'environnement, du travail, des relations commerciales ainsi que de l'innovation », se réjouissent-ils.

Des demandes en partie satisfaites

Les syndicats demandent que deux plats sur trois soient d'origine française dans la restauration hors domicile. Dans un communiqué du 7 octobre, le gouvernement assure qu'il « accompagnera les opérateurs de la restauration collective pour finaliser un accord collectif portant sur des engagements (…) de promotion de notre patrimoine alimentaire en renforçant la présence des produits français et de proximité ».

Ils demandent une révision de la Directive nitrates, et proposent l'obligation de moyens (l'amélioration des cours d'eau) plutôt que de résultats. Stéphane Le Foll assure œuvrer dans ce sens à Bruxelles. Ils demandaient l'abandon de l'écotaxe, la ministre de l'Écologie Ségolène Royal a annoncé le 9 octobre sa suspension. La demande du versement anticipé des aides Pac au 16 octobre a également été reçue, puisque « près de 3,4 milliards d'euros ont été versés par anticipation aux agriculteurs, depuis le 16 octobre », assure le ministère.

Alors que des doutes se profilaient sur le traitement des dossiers installations à partir du 1er janvier 2015, le ministère a affirmé que « l'engagement des dossiers de dotation jeunes agriculteurs (DJA) sera possible dès le 1er janvier 2015 même si les programmes de développement rural ne sont pas encore formellement approuvés par la Commission ».

La FNSEA et les JA voulaient de la vigilance sur les négociations commerciales. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a prévenu qu'il allait intensifier les contrôles d'abus de position et saisir l'Autorité de la Concurrence sur les récentes opérations de rapprochements de centrales d'achat. Le Sénat vient d'ailleurs de saisir cette autorité sur le sujet.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Les syndicats attendent « du concret »

Sur l'embargo russe, la FNSEA et les JA demande que l'Union européenne « assure la réparation économique des conséquences de l'embargo, et sur d'autres fonds que ceux de la Pac ». Le gouvernement est sur la même longueur d'onde, alors que Bruxelles veut recourir à la réserve de crise agricole de 2015 pour financer les mesures d'urgence.

Si « l'allégement des normes et des charges qui pèsent sur le travail » a été bien entamé sous la mandature Hollande, les syndicats veulent « l'abandon du Compte pénibilité pour l'agriculture », ou encore « lever les contraintes qui empêchent l'apprentissage des mineurs, maintenir les dispositifs existant d'exonérations de charges sociales sur les saisonniers ».

Ils réclament aussi une année blanche sur les contrôles « Verdissement » de la Pac, et une « application pragmatique de la Pac ». En réponse, le ministère assure avoir simplifié le calcul des surfaces d'intérêt écologique.

Malgré ces avancées, les syndicats attendent du concret, et que les actes suivent les annonces. Ils attendent encore des réponses. « Il reste beaucoup à faire », commente Florent Dornier, secrétaire général des Jeunes agriculteurs.

La MSA soutient « tous ses assurés, exploitants et salariés ».

« Dans le cadre de la journée de mobilisation nationale, du 5 novembre, lancée par la FNSEA et les JA pour alerter les pouvoir publics sur e contexte de crise subie par les agriculteurs, la MSA, en charge de la protection sociale agricole, réaffirme qu'elle soutient tous ses assurés, exploitants et salariés », annonce un communiqué de la Mutualité sociale agricole du 30 octobre. L'organisme social « mesure et partage leurs inquiétudes » et rappelle qu'il « met en œuvre des dispositifs tels que les plans de paiements, reports d'échéances sans pénalités et la prise en charge de cotisations qui doivent aider les entreprises agricoles à franchir le cap des difficultés, en attente d'un redressement de la situation. » Ainsi, la MSA invite les non-salariés et salariés agricoles soumis à des situations de crises, à prendre contact avec leur caisse ou leur délégué cantonal pour faire part de leurs difficultés.