Un demi-milliard d'euros, diantre ! Annoncé comme cela, le plan de Bruxelles pour tenter de calmer la crise de l'élevage, laitier surtout, semble gigantesque. Sauf qu'une bonne partie de cette enveloppe est disponible grâce aux pénalités infligées aux producteurs du secteur qui ont dépassé leur quota 2014/15. Des pénalités qui devraient atteindre finalement 810 millions d'euros au total. Après cet « effort », dont l'opportunité ne fait pas obligatoirement consensus, quel véritable soutien les agriculteurs peuvent-ils encore attendre – au-delà des paiements directs – d'une politique commune dont la dotation pour la période 20142020 sera passée à la loupe l'année prochaine, lors de l'examen à mi-parcours du cadre financier 2014-2020 de l'UE ? Pas grand chose, puisque, tant pour des raisons budgétaires que par principe – la fameuse « orientation de la Pac vers le marché » –, l'exécutif européen et certains États membres veulent absolument éviter toute mesure qui ressemblerait à de la régulation. La ténacité de la Commission, et elle n'est pas seule, dans son refus d'augmenter temporairement le prix d'intervention de la poudre de lait en est la preuve, s'il en était besoin. Et puis l'Union a d'autres priorités fortes, même si Jean-Claude Juncker affirme que « sans les agriculteurs, nous n'aurions pas l'Europe telle que nous la connaissons aujourd'hui ». Dans la lettre qu'il a adressée aux présidences de l'UE et du Parlement européen en complément de son discours sur l'état de l'Union, le chef de l'exécutif cite en premier, pour 2016, le défi que représentent « la crise des réfugiés et la migration ».
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