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57 % des citoyens connaissent mal la réalité de l’élevage

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Un sondage IFOP réalisé en juin 2016 révèle que les citoyens connaissent mal l’élevage, et pour la majorité ne sont pas prêts à arrêter de consommer de la viande. Une typologie des attitudes des citoyens envers l’élevage a été également réalisée dans le cadre d’une thèse.

Pas moins de 57 % des citoyens déclarent mal connaître la façon dont les animaux sont élevés, d’après un sondage IFOP réalisé en juin 2016 dans le cadre d’un projet Casdar intitulé « Acceptabilité des élevages dans la société en France ». Les premiers résultats du projet étaient divulgués à la Maison nationale de l’élevage le 25 janvier. Ils révèlent également que deux tiers des citoyens sont intéressés par les problématiques d’élevage. « L’élevage est un sujet qui intéresse mais qui reste mal connu », soulignait Alizée Chouteau chef de projet à l’Institut de l’élevage (Idele), le 25 janvier. 40 % des citoyens se disent satisfaits du respect de l’environnement par les éleveurs, 60 % de l’entretien des paysages, 33 % du respect du bien-être animal et 29 % des emplois créés par le secteur. Selon le sondage, 60 % des personnes interrogées pensent ne pas réduire ou diminuer leur consommation de viande (73 % chez les hommes). 14 % déclarent envisager de cesser de manger de la viande (26 % chez les moins de 25 ans) et 18 % envisagent de diminuer leur consommation. Autres résultats : 72 % des personnes trouvent que tuer un animal pour le manger est normal pour 11 % qui considèrent cela comme immoral.

2 % d’abolitionnistes

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Une typologie des attitudes des citoyens a été également réalisée dans le cadre de la thèse de sociologie d’Elsa Delanoue (Université Rennes 2). Le type majoritaire (51 %), appelé « Optimisateur », soutient la diversité des systèmes d’élevage, souhaite optimiser la production standard et méconnaît les pratiques d’élevage. Le deuxième type le plus fréquent est l’« Alternatif » (24 %) qui soutient l’agriculture bio et locale. Il souhaite la fin de l’élevage intensif et le développement d’élevages alternatifs. Le troisième type correspond au « Compétiteur » (10 %) qui se satisfait de l’élevage actuel, souhaite développer la compétitivité et les exportations de produits animaux et est favorable au système intensif. Le type « Abolitionniste » ne représente que 2 % de la population et concerne majoritairement des femmes. 3 % des citoyens restent sans avis et 10 % sont considérés comme inclassables dans la typologie, signe d’une bonne représentativité de cette dernière. Pour l’Idele, ces résultats montrent que l’« Optimisateur » peut basculer vers un autre type en fonction des informations qu’il recevra, d’où pour Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, la nécessité de communiquer. Il n’est pas ressorti de l’étude de grosses différences sociologique (cadre/ouvrier) à part le genre (homme/femme). De même, la région d’origine ne semble pas avoir d’impact sur la typologie.