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Suite du bilan 2004 9 mois de moins en moins bien orientés

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Suite du bilan 2004 > Faute de chiffres sur l’année complète, on dispose d’un point de la conjoncture des industries agroalimentaires sur les trois premiers trimestres qui est déjà assez éloquent et constitue un faisceau convergent d’indicateurs plutôt décevants. Selon le SCEES, la reprise de l’activité au premier semestre a subi un repli au troisième trimestre, les exportations continuant de souffrir sur 9 mois et la baisse de l’excédent commercial s’accélérant sur un an. La baisse de la consommation des ménages s’est également amplifiée au troisième trimestre et, suite à une inversion de tendance, la hausse des prix à la production s’est réduite en glissement annuel. Pas étonnant dès lors que même l’emploi soit gagné par la sinistrose alors qu’il tranchait, avec des chiffres toujours positifs, sur la tendance globale de l’industrie.

Le contexte international est devenu moins favorable, indique le Service statistique du ministère de l’Agriculture. La production des IAA n’a pu prolonger son mouvement de reprise au troisième trimestre et s’affiche même en baisse de 1,3% en glissement annuel. La force relative de l’euro et le ralentissement des échanges mondiaux y sont sans doute pour quelque chose. Sont en repli au troisième trimestre, surtout par rapport à leur pic de 2003, les secteurs boissons et jus de fruits : -9%, et même -15% pour l’ensemble boissons rafraichissantes-eaux de table-bières. Egalement en hausse en 2003 pour compenser le manque de fourrages engendré par la sécheresse, la fabrication d’aliments pour animaux se réduit de 2,1%. L’activité corps gras stagne (-0,4%). En revanche, la baisse de 0,7% de l’activité du secteur viande au premier semestre fait place à une certaine stabilisation : la hausse de la production des préparations à base de viandes permet de combler la baisse de celle des viandes de boucherie et de volailles. La faible collecte laitière entraîne un recul très marqué pour les fabrications de beurre et poudre : la production de l’industrie laitière augmente au final de 0,9% grâce aux bonnes performances de la filière fromages, à l’exportation notamment. Le travail du grain (+1,8%) est tiré par une demande étrangère soutenue. Le secteur des autres industries alimentaires connaît une croissance plus forte, en volume du moins (+5%, et même +10% pour la chocolaterie-confiserie et les aliments infantiles).

Effet prix

Le chiffre d’affaires stagne dans un contexte de ralentissement des prix à la production. Ceux-ci se situaient à +2,1% au deuxième trimestre et retombent à +1,5% au troisième. Ceci traduit le recul des prix de certaines matières premières du travail des grains ; de même, le prix des corps gras (+3,7%) intègre la baisse des cours des tourteaux ; la hausse des prix des boissons se réduit également (+1,2% après +1,8% au second trimestre) en raison du repli des prix des vins (récolte abondante). Les viandes connaissent toujours une hausse soutenue (+3,5%).

Ainsi, après un ralentissement (+1,5% en glissement annuel) au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires des IAA stagne au troisième trimestre (+0,1%) Les secteurs des boissons et dans une moindre mesure des produits laitiers contribuent à ce ralentissement que renforce la faible demande étrangère ; les secteurs viandes (+4%) et travail des grains (+7%) connaissent en revanche une amélioration grâce à une bonne demande à l’export. Les ventes de pain et de pâtisserie fraîche repartent à la hausse, tirées par une forte demande étrangère.

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Baisse de la consommation

Selon les premiers résultats des comptes trimestriels, la baisse des dépenses des ménages s’amplifierait en glissement annuel (-1,7%) au troisième trimestre. Les achats augmenteraient de 2,5% pour les produits frais (fruits, légumes, poissons) et stagneraient pour l’ensemble viandes-produits laitiers. Par contre, la baisse atteindrait 4,4% pour les autres produits des IAA, notamment en raison du fort recul de la consommation de tabac. Selon Secodip, la consommation de viandes à domicile diminuerait de près de 2% eu troisième trimestre. En raison de leurs prix modérés, le bœuf haché et surtout les élaborés de volailles continueraient à augmenter, de même que les yaourts, crèmes fraîches et fromages.

Légère dégradation de l'emploi

En légère progression jusqu’en septembre 2003, l’emploi salarié des IAA, artisanat inclus, se dégrade depuis un an et la baisse s’amplifie au troisième trimestre, passant de -0,5% au quatrième trimestre 2003 à -1,3% au troisième trimestre 2004, soit 7 500 emplois supprimés.