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Génétique 960 zootechniciens réunis à Nantes autour des innovations en élevage

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960 zootechniciens internationaux se sont réunis à Nantes lors du 64ème Congrès annuel de la Fédération européenne de zootechnie (EAAP). Les échanges étaient l’occasion de rappeler les incontournables de la recherche en sciences animales.

Le 64e congrès annuel de la Fédération européenne de zootechnie (EAAP) se tenait à Nantes, du 26 au 30 août. « Près de 1 250 participants sont attendus, c’est proche du record d’affluence pour ce congrès », a déclaré Michel Bonneau, secrétaire général de l’organisation du congrès. Il s’agit de chercheurs, mais pas seulement. Les instituts techniques (Institut technique du porc, Institut de l’élevage) et les professionnels étaient aussi présents. « Nous accueillons 960 chercheurs de 71 pays », explique Philippe Chemineau, président de l’EAAP. Le congrès est ouvert aux pays du pourtour méditerranéen, mais reçoit également des chercheurs du Brésil et des États Unis. Par ailleurs, des industriels sont aussi conviés. « À ses débuts, ce congrès accueillait les chercheurs, les professionnels de l’élevage, les boîtes d’aliments, explique Philippe Chemineau, aujourd’hui, les participants sont beaucoup plus variés ». Il y a les industriels de l’alimentation animale, les transformateurs, mais aussi les entreprises de sélection génétique. En outre, « le congrès porte une attention particulière au transfert rapide et efficace des connaissances ainsi qu’à la formation des professionnels de l’élevage », rappelle Henri Seegers, président du Comité organisateur. Ces cinq jours d’échanges ont été l’occasion pour le monde des sciences animales de revenir notamment sur la sélection génomique en élevage.
 
Génomique
« Les innovations scientifiques peuvent changer l’organisation d’une filière d’élevage », explique Philippe Chemineau. L’amélioration génétique, qui a une « vieille histoire », fait partie de ces innovations qui ont changé l’organisation de l’élevage. Notamment, la sélection génomique, une des méthodes pour améliorer la génétique des troupeaux, a révolutionné l’élevage bovin laitier. D’après l’Inra, les conséquences sont la diminution des coûts de sélection, l’augmentation du progrès génétique avec l’accélération de la sélection, la possibilité de prise en compte d’un nombre beaucoup plus important de caractères pour les évaluations. Si l’élevage laitier bénéficie déjà de cette méthode de sélection, la situation est plus complexe en élevage porcin par exemple. Loys Bodin, généticien à l’Inra, explique : « La sélection génomique demande d’avoir des populations de référence ». D’après l’Ifip (institut français du porc), une population de référence est « composée de plusieurs milliers d’animaux pour lesquels on dispose à la fois de mesures de performances et de génotypes ». Mais en filière porcine, le croisement des races rend techniquement difficile la mise en place de telles populations. « La méthode n’est pas directement extrapolable au porc », souligne l’Ifip. Malgré tout, nombre de projets européens y travaillent. Loys Bodin a ajouté que « trois nouvelles mutations qui contrôlent des caractères ont été détectées ». En outre, 2012 a été une année riche pour la recherche avec le séquençage du génome porcin.

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